Un pedigree
Théâtre de l’atelier

Du 23 avril au 28 juin 2008
Edouard Baer lit Patrick Modiano
Deux choses me poussaient à venir voir cette pièce. Le lieu d’abord. J’aime particulièrement ce petit théâtre parisien vieux de 86 ans, sans
prétention mais confortable. Et puis il y avait bien sûr, la présence d’Edouard Baer. L’écriture de Patrick Modiano m’aurait elle aussi influencée ? Pour être tout à fait honnête, mon
sentiment à son sujet est assez partagé. J’aime ses oeuvres,mais pas toutes. Un pedigree me plaît,
j’ai toujours apprécié les phrases courtes et les sujets flous, chemins brumeux d’une enfance renversée. Mais il faut ensuite savoir livrer cette émotion. Evidemment, Edouard Baer joue bien. Il
est certain qu’il aime le livre. La mise en scène très simple, ce bureau et ces feuilles lues apportent rapidement au spectateur son lot d’images.

Elles coulent tranquillement pendant la représentation, comme une série proposée après le J.T. La voix raconte un livret de famille, s’interroge sur
21 premières années d’existence : un père peu présent, une mère dure et toujours quémandant de l’argent, la mort d’un frère sans aucune
explication claire..
Cependant il doit être difficile de se débarrasser d’une image de dandy .Les consommateurs aux idées reçues croient le connaître alors qu’il a déjà prouvé l’étendue de son talent et sa capacité à incarner des personnages très différents. L’acteur ouvre la bouche, la phrase ne devrait donner lieu au moindre rictus, pourtant certains s’exclament , par automatisme : « Je ris car c’est lui, il est drôle. »
Mise à part ces fâcheux moustiques sonores, la pièce s’écoute, s’enregistre doucement dans notre mémoire.
Agréable, travaillée, plaisante.
Marie
Infos pratique :
Théâtre de l’atelier
1 place Charles Dullin
75018 Paris.
Contact et réservations 01 46 06 49
24.