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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 13:21

Le Grand Palais présente Renoir au XXème siècle

Jusqu'au 4 janvier 2010


Interview avec Sylvie PATRY, Conservateur au musée d'ORSAY et commissaire de l'exposition
et Claudia EINECKE, Conservateur adjoint des Peintures et Sculptures Européennes.



        Certains affirment que le Grand Palais ne prend plus beaucoup de risques dans ses choix d'exposition.
Celle- ci devrait les faire changer d'avis. Il ne s'agit pas de présenter RENOIR l'impressioniste ,reconnu et apprécié mondialement, mais RENOIR dans sa période "ingresque", classique,correspondant à la fin de sa vie.


"Vers 1883, il s'était fait comme une cassure dans mon oeuvre. J'étais allé jusqu'au bout de l'Impressionisme et j'arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre, ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse." écrit-il alors à son ami et marchand de tableau Ambroise VOLLARD


Et ce nouveau style ne plaît pas à tout le monde. Ses proches essayent de le persuader de se remettre à sa période romantique et les tableaux de ces années sont majoritairement peu connus et mal aimés. Pourquoi?



Danse à la ville(1883) et Danse à la campagne(1883), deux tableaux présentés dans la première salle montrent ce tournant.On est alors dans une peinture décorative,imposante, moins floue et plus classique.

C'est Aline CHARIGOT compagne et future femme du peintre qui danse à la campagne et Suzanne VALADON  qui danse à la ville(la petite histoire raconte qu'elle aurait eu un fils la même année, Maurice UTRILLO dont le père aurait pu être RENOIR...)

Dès 1885, il s'essaye aux Baigneuses avec lesquelles  on ressent nettement le changement de style:inspiration de statues antiques, ligne ferme.



1890 est sans doute l'année de sa consécration. Il reste dans son désir de peinture classique mais adoucit sa palette."J'ai repris, pour ne plus la quitter l'ancienne peinture douce et légère..ce n'est rien de nouveau, mais c'est une suite aux tableaux du XVIIIème siècle.." écrit il alors à DURANT-RUEL, son premier marchand de tableaux qui souhaitait ,plus que tout ,retrouver RENOIR l' impressionniste.





Ses Jeunes filles au piano dont on connait 5 versions à l'huile, sont alors achetées par l'Etat en 1892, avec l'aide de MALLARME.(la salle 4 nous livre une photographie de MALLARMEet RENOIR posant plus de 15 minutes pour DEGAS, que l'on devine derrière la glace).Il n'acceptera pas pour autant une décoration et MONET, son ami de toujours, l'en félicite."Il doit arriver sans cela, c'est plus chic"(il cédera finalement en 1900 " que j'ai fait une sottise ou non, je tiens à ton amitié " écrit-il a MONET).


A regarder de près, les Jeunes filles au piano, Jeunes filles lisant, Jeunes filles regardant un album ont eu les mêmes modèles..


Ces modèles étaient toujours des gens simples comme sa bonne Gabrielle RENARD qu'il représente huit fois entre 1908 et 1911 et qui figure sur le visuel de l'exposition. L'oeuvre, Femme à la collerette rouge(1896), fait son entrée en France pour la première fois.



Christine LEROLLE est représentée également dans plusieurs toiles. Il ne s'agit pas d'une femme de ménage ,cette fois,mais plutôt d'une jeune fille de la bonne société.



En 1907, il s'essaye à la sculpture, alors qu'il a 66 ans. Pourquoi  maintenant?

Ses problèmes de polyarthrite ne font qu'empirer, et s'il réussit des chefs d'oeuvres, comme Le jugement de PARIS, elles ne sont pas vraiment de son propre chef. 


Il recherche de plus en plus la chaleur et le bienfait du soleil et achète en 1908, dans le village de sa femme, à Cagnes sur Mer, une petite maison baptisée les Collettes. Il y restera jusqu'à la fin de sa vie. Il continue alors ses nus,imposants, avec des femmes de la mythologie classique.


Deux ans avant sa mort, il peint un Portrait d'Ambroise VOLLARD en costume de toréador ,tableau qui émeut particulièrement le commissaire de l'exposition Sylvie PATRY:



Son dernier tableau placé en fin de visite, Les baigneuses(1919), constitue pour Anne DISTEL, conservateur en chef au Musée d'ORSAY, "son testament pictural": un nu se fondant dans un paysage luxuriant.



En plus de mélanger sculptures et toiles, le Grand Palais expose pour la première fois ses oeuvres de fin de vie ,moins connues du grand public
Exposition qui , même sans être au fait de l'oeuvre du grand peintre, ne peut qu'enthousiasmer tout visiteur et complèter celle de Londres ,en  2007.


Marie DUFOUR




Visuels:
Image 1:femme à la colerette, 1896,Musée des arts, Philadephie.
Image 2: Danse à la campagne,1883,Musée d'Orsay. 
Image 3: Jeunes filles au piano,1892, Musée d'Orsay.
Image 4:Christine Lerolle brodant,1897,Musée des arts,Columbus.
Image 5: La ferme des Collettes,1914,The Metropolitan Museum of Art, New York.
Image 6: Les baigneuses,1918-1919,Musée d'Orsay.

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