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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 23:56

 

Le Lucernaire

présente

Hot House

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Jusqu’au 11 janvier

 

 

Auteur : HAROLD PINTER
Mise en scène : Valéry Forestier
Avec : Benjamin Bernard, Grégory Corre et Fanny Decoust
Durée : 1h40


 

 

        Une maison de repos, dite aussi sanatorium, vient de connaître en ce jour de Noël, une double nouvelle. Une naissance suite à un viol du patient immatriculé 6459, et une mort, du patient 6457. A partir de ces faits, se tisse une toile opaque, sous tension, dont l’écriture de Pinter sait se régaler.


La scénographie est d’une ingéniosité incroyable. Les comédiens évoluent à partir de trois panneaux coulissants, provoquant des situations refermées, angoissantes et souvent très drôles, par leurs côtés totalement décalées.

 

hot house

 

Dès la première scène, le Directeur Roots et son employé Gibbs se parlent de très près, le public sent bien qu’ils se gènent, que la situation est forcément inconfortable, dérangeante, anormale. Ils continuent pourtant leur dialogue et l’absurdité de la scène prête à rire.


L'écran, de plus en plus à la mode dans les représentations, est ici utilisé avec parcimonie et intelligence, il devient un moyen pour le spectateur de devenir, malgré lui, voyeur de la scène finale. Est-elle d'ailleurs finalement si essentielle à la compréhension de cette intrigue? Rien n'est sûr, mais le fait de l'avoir représentée dans un écran de télévision, rajoute encore un plus à la scénographie déjà très travaillée.


Autre ingéniosité, la presence de mains aux gants blancs, mimant certaines actions ou sentiments des personnages.


La diction et le phrasé des comédiens sont vraiment à saluer. Pour créer cette tension palpable entre les employés de la maison de repos, les trois artistes, car il faut bien l’être, servent leur texte avec une rapidité étudiée qui fait mouche.


Une vraie réussite servie par trois comédiens exceptionnels!

M.D

 


Infos pratiques :


Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre-Dame-des-Champs

75006 Paris

21h, 30 euros

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 11:22

 

La Comédie-Française

présente

La princesse au petit pois


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Jusqu'au 5 janvier

 

De : Hans Christian Andersen

Comédiens : Elsa Lepoivre: la reine, Georgia Scalliet: la Princesse, Jérémy Lopez: le prince, Elliot Jenicot: le roi

Mise en scène:Edouard Signolet

 

 


 

« Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi. - Affreusement mal, répondit-elle, je n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit. Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couché sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus et des noirs sur tout le corps ! C'est terrible ! »

 

    La princesse au petit pois est un conte avec les codes propres à ce genre.

    Ecrit pour les enfants, il s'adresse aussi aux adultes, en dénonçant l'hypocrisie de la cour et ses valeurs qui ne reposent finalement sur rien.


Le prince désire partager sa vie avec quelqu'un. Il lui faut donc une princesse, une vraie. Mais comment savoir ce qu'est une vraie princesse ? Personne ne le lui dit, il va devoir se fier à ses instincts.Il rencontrera tour à tour des princesses cannibales, une  très belle mais aussi très méchante,il tombera sous le charme d'une fille qu'il ne pourra épouser car il comprendra qu'elle n'est pas de sang royal. Finalement, la véritable princesse viendra d'elle même au château,trempée de la tête au pied par une averse atroce la forçant à demander l'hospitalité. 

 

princesse ptit pois

 

On connaît la suite: la mère du prince installe un petit pois sous une couche de 20 matelas et édredons, la jeune fille passera une nuit infecte, gênée par quelque chose. Apothéose, c'est forcément une vraie princesse si sa délicate peau a ressenti cette gène. « Personne ne pouvait avoir l'épiderme aussi délicat, sinon une véritable princesse ». La famille royale est sauve, leur fils aura une femme et avec elle, une descendance.

 

Ce conte en lui-même est très court. Il n'était pas évident d'en faire ressurgir à la fois le côté comique de la situation, chercher une vraie princesse quand personne ne sait ce qu'on entend par là, et le côté féerique et moralisateur du conte. Les quatre comédiens interprètent 16 personnages, sauf le Prince, qui restera dans ce seul rôle, et leur talent donne toute la dimension à l'histoire.


Dans une mise en scène très simple, quatre cubes permettant différents décors et un socle stable, Edouard Signolet propose au spectateurs différents mondes, sortes de quête de la vérité. La pièce commence sur fond de musique jazz (Louis Armstrong Cheek to Cheek) et se termine également en musique, a capela cette fois autour de paroles revisitées où il est question de petit pois ayant sauvé l'histoire.


    Les enfants ce soir-là dans la salle rient, s'amusent autant que les parents.Il faut dire que la passivité de Jeremy Lopez est particulièrement drôle  tout comme les grimaces d'Elliot Jenicot. Les emportements d'Elsa Lepoivre et la grâce de Georgia Scallet fonctionnent  autant.

 

La Comédie-Française prouve une fois de plus son talent d'adaptation. Bien jouée, amusante, cette pièce ne peut que convaincre.

M.D

 

 

Infos Pratiques :

 

Galerie du Carrousel du Louvre
Place de la Pyramide inversée 

99 rue de Rivoli, Paris 1er

Durée : 1 heure du mercredi au dimanche à 18h30

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 16:56

Le Théâtre de la Bruyère

présente

Zelda et Scott

 

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Jusqu’au 4 janvier 2013

 

 

De: Renaud Meyer
Artistes : Sara Giraudeau, Julien Boisselier, Jean-Paul Bordes
Mise en scène : Renaud Meyer

 



     Certains connaissent Renaud Meyer pour ses romans (Les deux morts de Hanna K ; Room service ou tabloïds), d’autres pour ses fictions sur France Inter. L’homme est aussi metteur en scène, il a monté par exemple monté « Les diablogues » en coproduction avec le théâtre Armande Béjart d’Asnières.


Zelda et Scott est à la fois son dernier roman et sa dernière mise en scène. Il est particulièrement bien entouré puisque Sara Giraudeau prête son talent pour interpréter l’extravagante  Zelda. Icône des années 20, ‘la garçonne américaine’ devient connue pour sa passion avec l’écrivain F. Scott Fitzgerald, qui deviendra son mari. Le couple fait sensation, représentant toute la folie, la décadence aussi de cette époque voulue légère, festive et sans limite. Il se perdra rapidement dans les abimes de l’alcool et de la dépression. Zelda placée dans un hôpital psychiatrique, y périra à l’âge de 47 ans, lors d’un incendie, avec huit autres patientes. Sara Giraudeau est exceptionnelle dans ce rôle.  Le personnage déluré, assoiffé de vie, d’amants, jouissant de chaque moments donnés, s’accorde parfaitement avec la comédienne. Sa diction inimitable donne à Zelda un côté attachant, fragile.


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La mise en scène finale est particulièrement bien travaillée. Sara Giraudeau habillée en poupée mécanique, tutu blanc écorché, bandages aux mains, évolue dans une malle, s’ouvrant sur un champs de tournesol. Elle ne pense qu’à son mari, des voix lui crient de fuir l’incendie, les entend t’elle seulement ?


Julien Boisselier est superbe aussi dans son rôle d’écrivain sûr de lui, n’hésitant pas à s’accaparer la vie de sa femme dans ses romans, souvent débordé par son énergie.


Autre surprise de la pièce, le jazz essentiel à la vie du couple, est véritablement joué par un orchestre, s’amusant à reprendre des classiques (Benny Goodman, Dave Brubeck).

Talent des comédiens, beauté du décor, musique live en direct, tout fonctionne.


M.D

 

 

 

Infos pratiques :

 

Théâtre la Bruyère  

5, rue La Bruyère
75009   Paris

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:03

La Comédie-Française

présente

Le système Ribadier

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Jusqu’au 5 janvier 2014

 

De Georges Feydeau

Comédiens :Martine Chevallier: Sophie, Christian Blanc: Gusman , Laurent Stocker: Thommereux, Julie Sicard: Angèle, Nicolas Lormeau: Savinet, Laurent Lafitte: Ribadier

Mise en scène:Zabou Breitman

Décors: Jean-Marc Stehlé


 

 

« Monter un Feydeau a toujours été un rêve. C’est la première fois que je crée une comédie pure, en tant que metteur en scène ou réalisatrice.......Mettre en scène les acteurs de la Comédie-Française est un vrai cadeau car ils sont, chacun à leur manière, très inventifs, et comme ils osent beaucoup, la recherche est riche et joyeuse. Ils ouvrent des perspectives infinies, ce qui oblige d’ailleurs à redoubler de vigilance pour canaliser le flux de la comédie et ne pas se laisser emporter par le courant. » Zabou Breitman

 

 

    Le rideau tombe, ovation du public et pour cause, la Comédie-Française nous offre une heure cinquante cinq de pur plaisir. Le texte de Feydeau est léger, parlant de femme trompée, d'un homme amoureux et d'un mari sur ses gardes, inventant une stratégie pour pouvoir batifoler tranquillement.  Il se servira de l'hypnose pour ne pas éveiller les soupons de sa femme. Une fois cette dernière endormie, le mari volage court à ses conquêtes. Jusqu'au jour où le système va se rouiller.

Les personnages évoluent dans un superbe décor, (de Jean-Marc Stehlé, trop vite parti) celui de la rue du Vieux-Colombier tournant sur lui-même pour faire apparaître un intérieur bourgeois aux détails raffinés. Il n'y a aucun petit rôle dans cette pièce, la Bonne Sophie (Martine Chevallier) et le cocher Gusman (Christian Blanc) sont aussi importants que le couple Angèle-Ribadier (Julie Sicard/Laurent Lafitte) ou l'ami Thommereux (Laurent Stocker) revenu d'un long voyage pour espérer récupérer Angèle. Voilà aussi pourquoi la pièce fonctionne aussi bien, rien n'est mis de côté, chaque personnage est étudié, pensé minutieusement. Pour une première à la Comédie-Française, c'est une véritable réussite due à cette mise en scène fluide, contemporaine, réfléchie.

Quand aux comédiens, Julie Sicard est superbe en femme jalouse, Laurent Lafitte drôle en homme roublard mais vite débordé et Laurent Stocker apporte une folie supplémentaire à cette pièce qui n'en manque déjà pas.

Difficile d'imaginer que ce texte burlesque a été représentée pour la première fois en novembre 1892 (sur la scène du théâtre du Palais-Royal). Une année très productive pour l'auteur puisqu’il écrira tour à tour Champignol malgré lui, Monsieur Chasse et Le système Ribadier.

121 ans plus tard, les situations imaginées par Feydeau nous font toujours autant rire.

Le talent au texte bien sûr, mais pas de théâtre sans son équipe pour la servir.

Une vraie réussite.

 

M.D

 

Infos pratiques :

Théâtre du Vieux-Colombier

21 rue du Vieux-Colombier

75006 Paris

mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, dimanche à 16h, relâche lundi

Prix des places

de 9 à 31 euros

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 14:44

 

Le Lucernaire

présente

Maupassant(es)

 

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Jusqu'au 12 Janvier 2014

 

Adaptation Philippe Honoré
Mise en scène : Philippe Person
Avec : Anne Priol, Emmanuel Barrouyer, Pascal Thoreau

 


 

 

« Je n’ai jamais aimé, mais je suis l’ami des femmes, leur plus grand ami. » Maupassant

 

          Une pièce de théâtre autour de Maupassant et d'un thème central à son écriture: les femmes.

Le décor est sobre, deux paravents aux toiles de Felicien Rops, peintre du 19 ème siècle (La dame au cochon ou Pornocratès d'un côté et Les dessous de cartes d'une partie de Whist de l'autre), sur lesquels se refléteront des extraits vidéos de la vie de l'écrivain.rops.jpg

 

Trois comédiens excellents mettent en situation quelques nouvelles dans lesquelles la femme y est tantôt séductrice, calculatrice, tantôt stupide ou cruelle. Ce cochon de Morin (Novembre 1882) raconte l'histoire d'un homme se rendant à Paris en wagon, tombant sous le charme d'une passagère qu'il essayera d'embrasser. Drame, la femme porte plainte. Labarde, un ami député de Morin viendra plaider sa cause, ou plutôt la sienne, puisqu'il deviendra l'amant de la victime. La plainte est retirée, mais Morin doit supporter les railleries de toute la ville, il se suicidera.


Des nouvelles plus légères sont aussi présentées au public, comme La Toux (janvier 1883) ou La moustache ( juillet 1883) que la troupe s'amuse à jouer façon défilé de mode. « Et que d'aspects variés elles ont, ces moustaches ! Tantôt elles sont retournées, frisées, coquettes. Celles-là semblent aimer les femmes avant tout ! Tantôt elles sont pointues, aiguës comme des aiguilles, menaçantes. Celles-là préfèrent le vin, les chevaux et les batailles.Tantôt elles sont énormes, tombantes, effroyables. »

 

Autre point fort du spectacle, l'éclairage. Lors de nouvelles plus sombres ou plus osées, une partie seulement du paravent est éclairé, mettant en avant les yeux de cette femme (Félicien Rops Les dessous de cartes d'une partie de Whist) ruban sur la bouche, belle robe mais regard lointain, perdu. L'intensité des mots prononcés n'est que plus fort.

La mise en scène joue aussi beaucoup avec le sonore pour nous plonger plus encore au coeur de ces histoires.

 

Une pièce de théâtre agréable sur un écrivain que l'on est toujours heureux d'entendre.

M.D

 

 

Infos pratiques :


Le Lucernaire

53 Rue Notre-Dame des Champs,

75006 Paris

 

Du mardi au samedi à 20h
Les dimanches à 15h
Du 6 novembre 2013 au 12 janvier 2014
Relâches les 15/11, 21/11, 29/11, 4/12, 3/01, 7/01, 10/01

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 12:18

Le Théâtre de la Ville

présente

The Old Woman


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Jusqu’au 23 novembre 2013


 

D’après l’œuvre de Daniil Kharms

Avec : Mikhail Baryshnikov et Willem Dafoe

Mise en scène : Robert Wilson

 


 

 

                    Dans le cadre de son festival d’Automne, le Théâtre de la Ville s’intéresse au travail du metteur en scène et plasticien américain, Robert Wilson.

Le texte méconnu, burlesque de Daniil Kharms donne lieu à une pièce incongrue et poétique, mélange de rire et noirceur de l’âme (En 1942, l’écrivain meurt dans un hôpital psychiatrique, il a 36 ans). Ici, pas de véritable récit unique, plus une simple ligne directrice et des scènes reprises en boucle, aux différentes intonations et détails supplémentaires.


Pour servir cette littérature de l’absurde -12 scènes et épilogue- ?

Deux personnages au déguisement singulier, visages blancs, mèches de cheveux plaquées à la verticale sur le côté du crâne.

Willem Dafoe (acteur talentueux de Platoon, La dernière tentation du Christ, Le patient anglais..) prête ses traits particuliers à l’un de ces deux personnages.

Ses mimiques accrochent la lumière, sa gestuelle fonctionne. 


old woman

Mikhaïl Nikolaïevitch Barychnikov, danseur chorégraphe et acteur, lui donne la réplique et renforce encore ce duo tout droit tiré d’une fable imaginaire. 

 

Il y est question de pendule sans aiguilles, de vieilles femmes tombant des fenêtres…un esprit cartoon flotte dans cette heure et demi de spectacle. Les chaises sont immenses, le lit est cassé en deux, une porte toute petite sert de passage entre rêve et réalité. Les néons permettent de donner une dimension supplémentaire à la mise en scène, servant de hall de gare ou délimitant l’espace.

Le sonore est aussi très important pendant toute la durée de la pièce, permettant d’appuyer certaines actions des comédiens, tout comme la lumière, recherchée avec les néons mais pas seulement.


A la sortie, les spectateurs sont mitigés. Il y a ceux qui ont été transportés par l’univers particulier du metteur en scène, d’autres qui regardaient un peu trop souvent leur montre.

Que la magie ait ou non opérée, Robert Wilson réussit à créer son identité.

M.D

 

Infos pratiques :


Théâtre de la Ville

2 place du Chatelet

75004 Paris

En anglais et en russe, surtitré en français. Durée : 1h30. Festival d’automne.A Paris, Théâtre de la Ville (01 42 74 22 77), jusqu’au 23 novembre.

Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 heures, samedi 23 novembre également à 15 heures. De 26 € à 35 €. 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 17:33

 

 

Le Théâtre du Lucernaire

présente

Yes Peut-être


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Auteur : Marguerite Duras
Mise en scène : Laurence Février
Distribution : Laurence Février, Martine Logier et Côme Lesage
 

 


 

  

          Marguerite Duras écrit ce texte très particulier en 1968, elle a 54 ans. Elle connaît le succès depuis quelques années maintenant, son roman Un barrage contre le pacifique a déjà fait l’objet d’un film, L’amante anglaise a été publié l’année précédente.

L’auteur se lance alors dans un projet très différent, une comédie à l’écriture novatrice.

Les personnages de sa pièce Yes peut-être, parlent un dialecte bien à eux, où les phrases ne sont jamais entières. La fin du monde a eu lieu, que s’est-il passé au juste, on ne le saura pas réellement, devinant un bouleversement nucléaire. Les hommes errent, à moitié fous, parlant de guerre et de soldats, le vent souffle sans fin. Deux femmes abritées dans une sorte de bunker en récupèrent un, elles sont gaies, essayent de comprendre ce qui leur arrive, discutent autour de l’homme rescapé, pauvre loque sans parole, plongé dans une sorte de coma.

 

yes peut etre


Laurence Février et Martine Logier interprètent parfaitement ces deux femmes étranges par leur langage, leur geste et leurs blouses blanches numérotées.

La scénographie est simple et efficace : du carton formant une petite cellule abritée du vent, ce sonore apportant un véritable réalisme à l’action, et des sacs de sables empilés les uns sur les autres.


Cependant, le spectateur pourra être assez vite perdu au milieu d’un texte tellement étrange. Il faut faire un véritable effort d’immersion pour se plonger au cœur de cet univers comique mais pas toujours facile d’accès.

M.D

 

 


Infos pratiques :


Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre-Dame des champs

75006 Paris

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 12:37

 

 

La Comédie-Française

présente

La Tragédie d'Hamlet


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Jusqu'au 12 janvier 2014

 

De : William Shakespeare

Avec: Éric Ruf: Le Spectre, Premier Comédien, Fortinbras, Alain Lenglet: Horatio, Denis Podalydès: Hamlet, Clotilde de Bayser: Gertrude, Jérôme Pouly: Laërte, Laurent Natrella: Bernardo, Valtemand, 2ème Comédien, le Marin, 1er fossoyeur, Le Prêtre, L’Ambassadeur d’Angleterre, Hervé Pierre: Claudius, Gilles David: Polonius, Jennifer Decker: Ophélie, Elliot Jenicot: Rozencrantz et Guildenstern, Benjamin Lavernhe: Marcellus, Reynaldo, 3ème Comédien, Un Capitaine, Un Messager, Osrik, 2ème fossoyeur

Mise en scène : Dan Jemmett

 


 

                     'Hamlet, pour un Anglais, c’est le grand texte. À l’école, à l’Université, avec mon père – qui était acteur, c'est comme si ce texte avait depuis toujours été au centre de tout mon rapport au théâtre. Je pense qu'il en va de même pour beaucoup de metteurs en scène, et bien sûr pour beaucoup d'acteurs. On se dit qu’un jour on va« faire Hamlet » ' Dan Jemmet

 

Contexte :

 

C'est en 1769 que Jean-François Ducis (écrivain, dramaturge, poète) présente Hamlet pour la première fois au public français. Six comédiens, et le personnage de Gertrude, la mère d'Hamlet, reine du Danemark, placée au coeur de l'intrigue. Certaines scènes sont supprimées, jugées trop agressives pour le public. Malgré cette volonté de plaire aux spectateurs, les critiques ne seront pourtant pas élogieuses. La pièce remaniée est jouée pendant 82 ans, avec un succès moins discutable, même si la folie d'Ophélie n'apparait toujours pas, tout comme la scène du Spectre (le père d'Hamlet).


En 1886, le Théâtre-Français monte 'Hamlet, prince de Danemark' d’Alexandre Dumas père et

Paul Meurice. Jean-Sully Mounet jouera Hamlet jusqu'à sa mort, et sa prestation marquera tous les esprits. Il faudra attendre 1932 pour que la pièce soit rejouée (mise en scène de Charles Granval) dans une adaptation beaucoup plus moderne. Dix ans plus tard, si le metteur en scène reste le même, le texte sera adapté par Guy de Pourtalès.( Co-écrit avec marcel Schwob, mais parce que juif, son nom n'apparaitra pas.) Jean-Louis Barrault triomphe en Hamlet.


Et puis l'année 1994, le metteur en scène Georges Lavaudant présente un Hamlet selon la traduction de Yves Bonnefoy (poète, critique , traducteur). 3 heures 50 de jeu et des critiques plus ou moins bonnes sur la mise en scène, bien trop lisse pour certain.


2013, c'est au tour de Dan Jemmett de proposer sa version d'Hamlet, toujours selon la traduction d'Yves Bonnefoy.

 

La version 2013 :

 

Dan Jemmett, metteur en scène britannique, n'est pas réputé pour être 'sage'. Sa première mise en scène pour Ubu Roi (1998) avait déjà eu le mérite de faire parler d'elle: intérieur rétro, théâtre de guignol..

Il recidive avec cette version d'Hamlet : un club-house, des toilettes femmes à droite, un urinoir et distributeur de préservatifs à gauche, évidemment, il y a de quoi choquer les puritains. Ses personnages sortent tout droit des années 1970, pattes d’éléphant,velours et grosse ceintures.


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Tout ceci aurait pu être percutant car décalé, hélas, l’effervescence de la première découverte retombe bien vite. Evidemment les comédiens sont excellents, là n'est pas la question. (Petit b-mol tout de même sur le jeu déclamé de Jennifer Decker, en Ophélie sans grande présence scénique.)


Mais sincèrement...était-ce vraiment nécessaire de donner le monologue d'Hamlet à côté de l'urinoir et des préservatifs Durex?

(acte 3 scène 1 : "Être, ou ne pas être, telle est la question.Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte ?")


On comprend bien que le metteur en scène cherche à faire passer par une certaine légèreté, la puissance de ce texte. Peut-être est-il allé un peu loin.

 

M.D


 

Infos pratique :


Comédie-Française

salle Richelieu, place Colette,

Paris-1er. Mo Palais-Royal.

Tél. : 0825-10-16-80.

A 14 heures ou 20 h 30 en alternance, jusqu'au 12 janvier 2014. De 5 euros à 41 euros.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:07

 

Le Petit Théâtre de Paris

présente

Le Mur


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de : Amanda Sthers

Avec : Rufus, Nicole Calfan
Mise en scène : Anne Bourgeois

 

 


 

   Le spectateur entrant dans la salle du Petit Théâtre de Paris, découvre directement le décor de la pièce. Pas de rideau pour le cacher, c'est une bonne idée, le public peut déjà commencer à se raconter l'histoire qu'il va découvrir.

 

Deux appartements, petits, aux couleurs bleu, l'un avec une table, un porte-manteau, une armoire et un dessin d'enfant encadré, l'autre accueillant un piano imposant, une table et sa chaise, une armoire. Dans le premier vit Le Colonel Chaudron, homme bougon à la retraire, dans le second Mademoiselle Duchéne, ancienne institutrice novice du piano, pleine d'energie pour apprendre.

Les deux se dérangent mutuellement, s'agacent, en jouent, occupent leur vie de ces soubresauts, jusqu'à se rencontrer.


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Le texte d'Amanda Sthers est léger, drôle et tellement bien interpreté qu'il ne pouvait que fonctionner. Rufus en ancien militaire désagréable fait beaucoup rire un public déjà conquis, quand à Nicole Calfan, elle est touchante en femme égratignée par la vie, prête à se venger en déplaçant le mur reliant cet appartement mutuel .

Un geste pour elle libérateur, difficilement compréhensible de son voisin mais qui aura la particularité de les réunir.


Une courte pièce, bien jouée, agréable, parfaite pour continuer ou finir sa semaine.

M.D

 

 

Infos pratique :

Petit Théâtre de Paris

15 rue Blanche

75009 Paris

19h

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 09:45

 

Le Théâtre de Poche Montparnasse

présente

Duras, la vie qui va


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De Marguerite Duras

Mise en scène et adaptation Claire Deluca et Jean-Marie Lehec


 


 

   Un homme et une femme pour adapter différents textes de Marguerite Duras : Le Shaga, La vie materielle, Outside, Ecrire, Les yeux verts , Le monde extérieur, Les eaux et forêts...

Autant d'écris choisis et rapprochés sans volonté de logique, par deux comédiens excellents.

Nous sommes dans un théâtre de l'absurde, drôle, décalé, intelligent.


Il y est question d'un homme en panne d'essence depuis très longtemps, un bidon troué à la main, d'une femme coupable du meurtre de son mari, d'une autre ayant eu un lion..fabulation, vérité? Impossible de vraiment le savoir et c'est ce qui fait tout le charme de la pièce.

Les deux protagonistes-dont on devine leur entente parfaite en dehors des planches-se parlent librement, de tout, de rien, des petites choses du quotidien, de leur peur, leur angoisse, leur joie. le texte est fin, bien ficelé, agréable à écouter.

Le public sourit beaucoup devant le surréalisme de certaines scènes.


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Claire Deluca et Jean-Marie Lehec interprètent à eux deux tous ces personnages, leur qualité de jeu permettant aisément de faire vivre ces figures.


Le décor est sobre, deux chaises dans ce qui pourrait être une petite forêt, ou un parc.

Cette simplicité permet d'imaginer encore plus facilement toutes les scènes jouées.

Un théâtre de qualité, comme bien souvent au Poche-Montparnasse.

M.D

 

 

 

 

Infos pratiques :

Théâtre de Poche Montparnasse

75 bd du Montparnasse

75006 Paris

01 45 44 50 21

Du mardi au samedi 19h30, dimanche 15h30.

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