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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 12:47

L’Orestie D’Eschyle

 Théâtre de l’Odéon

 
Interview d'Olivier Py, metteur en scène


 

  Une pièce violente et contemporaine

Accompagnée de mon acolyte Etienne, je me rends à la dernière mise en scène d’Olivier Py , L’Orestie d’Eschyle, joué en intégralité dans le respect des tragédies antiques. Un chœur chante en grec, la traduction étant faite sur des petits écrans disposés à droite et  gauche de la scène. Les visages sont maquillés de blanc, le texte est déclamé, poignant. Évidemment, le contemporain s’installe rapidement avec un décor en taule qui ondule au gré des actes, tandis qu’il pleut sur le malheur des Atrides.

Entourée de feu, Clytemnestre apprend la chute de la ville de Troie.
L’image est à la fois belle et difficile : le drame se cache, tapi, prêt à bondir sur sa proie. Le spectateur est sur ses gardes. Soudain, les portes arrière du théâtre s’ouvrent, une voiture noire annonce l’arrivée du mari. Cassandre , robe de mariée et cheveu tourmenté, sur le coffre, reflète un malaise. On sait que l’horreur se rapproche. Attente anxieuse. Et voilà, le malheur prédit s’abat. Des cris saisissants glacent la salle. Cassandre se contorsionne, agonisant dans sa prophétie. Elle se dresse nue, face au public impuissant et laisse tomber son verdict.




 
Flash :  le roi est mort, tué par sa femme. Elle porte encore l’épée maculée par son crime. Le tableau déconcerte. Le blanc de la pièce tranche avec le sang des corps morts. Quand le rideau tombe, je reprends mon souffle. L’aspect dur, sans chaleur, de la mise en scène correspond aux émotions dégagées par des comédiens parfaits. La deuxième partie annonce le retour d’Oreste, le fils. En tuant sa mère, il vengera son père. Sa nudité met mal à l’aise et ses cris de douleur transpercent. La pluie souille les planches aussi sûrement que la tragédie avance, destructrice. Dernière partie avec les Euménides. Le fils cherche le pardon auprès d’Athéna. Il l’obtiendra.

Évidemment le texte est dur. Mais l’interprétation scénique l’est tout autant. Cassandre s’arrachant ses vêtements, dans sa folie prophétique, choque.  Ce malaise gagne vite le spectateur. De même quand Egisthe (amant de Clytemnestre et cousin de son mari) revient, traînant une cuisinière recouverte de sang et de saleté et jetant des morceaux de viandes pour revendiquer la conception du meurtre.

Tout est force, dureté, apreté et vengeance.
Alors oui,j'utiliserai,sciemment et malgré la discussion autour du terme avec Olivier Py , le terme "trash" pour qualifier la mise en scène marquante, tranchante, dérangeante de cette Orestie, empreinte de la personnalité de son metteur en scène.
 

Marie 

 

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 12:16

Prenez garde à l'amour
Acteur: Clémentine Célarié
Mise en scène : Manuel Durand et Gabor Rassov


A partir du 13 mai 2008
Interview de Manuel Durand



Quand Maupassant nous est conté.. 

Dans son nouveau spectacle « Prenez garde à l’amour », Clémentine Célarié nous entraîne à la découverte de Guy de Maupassant. A travers six contes, surtout lus et tantôt joués, elle nous propose un voyage autour de l’amour : l’amour folie (l’histoire du procès d’un homme qui a déterré le cadavre de sa maîtresse), l’amour plaisir (2 femmes se parlent de leurs amants) ou  l’amour contrarié (un homme ne peut faire la cour à une femme, un fâcheux l’en empêche l’exhortant de prendre garde à l’amour).  Des thèmes chers à l’auteur.

Loin de l’actrice exubérante que l’on voit souvent, Clémentine Célarié nous livre, toute en simplicité, les textes de Maupassant qui sont, comme toujours, d’une rare beauté. Ils demandent toutefois une assez grande concentration de la part du spectateur , car l'écriture est subtile, fine .Il faut savoir la dire . Clémentine Célarié donne alors quelquefois l’impression de ne pas toujours maîtriser son texte. En essayant de le lire naturellement et sans avoir le nez collé à la page, elle perd le fil de son interprétation. Dommage. Le spectateur décroche et retrouve difficilement son univers.

Une jolie mise en scène toutefois. Un grenier parsemé d’objets anciens dans lequel l’actrice évolue nous livrant ces textes au fur et à mesure des trouvailles, comme un enfant découvrant à tâtons des trésors cachés sous les toits.

On ne passe pas un mauvais moment, mais le spectacle manque encore de cette fluidité essentielle au spectateur s’il veut pouvoir s’abandonner totalement à la prose poétique de Maupassant. Espérons que cela vienne au fur et à mesure des représentations, il ne s’agissait alors que de la deuxième .

Infos Pratiques:

Théâtre de l’atelier
1 place Charles Dullin  
75018 Paris

 

 

 

 

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 12:02

Lettre à mon juge
Acteur : Robert Benoit
Metteur en scène : Robert Benoit

Auteur : Georges SIMENON


Jusqu'au 30 août 2008
Interview de M.Robert benoit

 

  


 

 Une vraie performance

« Mon juge, je voudrais qu’un homme, un seul, me comprenne. Et j’aimerais que cet homme soit vous…Pendant 49 ans, comme vous, comme les autres, j’ai été un homme libre. Personne ne se doutait que je deviendrais un jour ce que l’on appelle un criminel. »


Le 28 juillet 1989, Georges Simenon, auteur aux 192 romans, 158 nouvelles et créateur de l’universel Maigret, acceptait de Robert Benoît qu’il adapte et interprète sous forme d’un monologue son roman :

Lettre à mon juge.


Histoire sombre : un criminel se confie. Pourquoi  a-t-il tué celle qu’il aimait ? Sa passion était bien trop dangereuse, sa jalousie de plus en plus destructrice, violente. Mais il ne voulait pas tuer ! Son crime s’est totalement imposé à lui, comme une fatalité, comme s’il s’agissait de l’issue la plus sérieuse possible.




Pourquoi Georges Simenon a-t-il écrit ce texte dur? Il correspond précisément à la période où l’auteur tombe éperdument amoureux de sa future femme Denyse Ouimet, lors de son séjour en Amérique du Nord. " J'écrivais  Lettre à mon juge que j'ai porté pendant douze mois ... pour me débarrasser de mes fantômes et pour ne pas faire le geste de mon héros. "  Dira-t-il dans sa correspondance avec André Gide.

 

 


Dans un décor simple - une chaise et une sorte d’escabeau,
tout en haut du théâtre du Lucernaire- le comédien  investit la petite salle sombre de tout sa présence. Une heure quarante pour raconter la descente inévitable de son personnage vers le meurtre.

Il faut partir avec lui, monter dans son train pour rentrer pleinement dans le texte. Mais une fois le spectateur emporté, entraîné, les mots s’animent rapidement, formant le film de son imagination.



Il aura fallu ensuite à Robert Benoit 4 mois d’apprentissage avant de le présenter pour la première fois au festival off Avignon en 2005. Pourquoi autant d’attente? Il n’aurait pas pu le faire avant, ne se jugeant pas assez mûr pour porter puis dire ces mots.
C’est donc avec réflexion, imprégnation du texte que l’acteur se livre.

 

                          La passion est-t-elle donc si dangereuse?


Infos pratiques :

Théâtre Le Lucernaire
53 rue Notre-dame-des-champs
75006 Paris
01 45 44 57 34
www.pic-art-theatre.fr

 



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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 12:21


 

La vie devant soi

Auteur : Romain Gary (Emile Ajar)

Lieu : Théâtre Marigny : salle Popespo

A l'affiche du 23 septembre 2008 au 31 décembre 2008


 

Le rideau s’ouvre sur une pièce aménagée humblement. Première apparition de Madame Rose, ancienne prostituée juive qui recueille chez elle les enfants des autres. Son dos tassé témoigne de sa fatigue  physique et morale. Momo, fils d’une prostituée et d’un père désinvolte, s’attable et dévore. Pas besoin de paroles pour comprendre qu’un lien affectif très fort les unit.

Là se trouve la complexité des personnages du roman qui valut à son auteur, Romain Gary, le prix Goncourt en 1975. Des êtres attachants, fragiles, abîmés par une vie difficile.Madame Rose, femme autoritaire et pourtant faible, est orgueilleuse, fière mais aussi  peureuse. Elle ne veut que le bonheur de Momo ; cependant sa nervosité la ronge et la détraque.  S’installe une réelle ambiguïté dans l’esprit de la vieille femme, misant sur cette jeunesse  
pour sauver la morosité de sa vie passée.

Si le  public n’a pu oublier Simone SIGNORET dans le même rôle, cinématographique, récompensée par un oscar de la meilleure actrice, en 1978, le jeu 
remarquablement juste de Myriam BOYER impressionne. Celle-ci a su redonner une autre personnalité à Madame Rose. Le public partage avec elle ses humeurs, ses faiblesses. Quand elle campe la folie, son visage abîmé par un rouge à lèvre criard, son corps meurtri, dans une robe défraîchie ouverte sur sa poitrine, sans attention, l’inquiétude s’installe  : Va-t-elle sombrer ou s’en sortir ?

Son compagnon de scène, Aymen Saïdi, joue un enfant pris entre volonté de rester le petit garçon caché dans les jupes de sa mère adoptive et l’homme qu’il faudrait être pour décider des bonnes initiatives, souvent douloureuses. Son personnage prend vie, mais le ton  avec lequel 
il accompagne certaines de ses répliques, presque surjouées par moment, peut déplaire.

En revanche la mise en scène de Didier Long est parfaitement maîtrisée, exploitant la vidéo, l’ombre. Elle révèle l’adaptation réussie de Xavier JAILLARD d’un texte qui se vendit à plus d’un million d’exemplaires  .Un univers particulier, replié autour de ces deux êtres unis l’un à l’autre dans leur misère et leurs souffrances, est ainsi recréé. Et quand les comédiens saluent une dernière fois, le rideau tombant doucement sur eux pour les ramener à leur vraie vie,  le théâtre se vide de ses visiteurs éphémères,  accompagnés par le souvenir de ces personnages.

 Marie Dufour

 

Places disponibles : Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 21H00 | Dimanche à 16H30.
Tarifs : 44,5 € tarif plein ou 34,5-44,5 € tarif adhérent (
réserver).
Pièce de
 
Romain Gary 
Montée par
 Didier Long 
Avec
 Myriam Boyer , Aymen Saïdi , Xavier Jaillard , Magid Bouali

La vie devant soi
Marigny - Salle Popesco
Carré Marigny, avenue Marigny,   75008  
Paris
Plan d'accèsMétro: Champs Elysées/Clémenceau (ligne 1-13) ou Franklin D. Roosevelt (ligne 1-9)
Bus : 28-32-80 arrêt Rond Point Champs Elysées/Matignon ou 42-73 arrêt Champs Elysées/Clémenceau ou 52 arrêt Grand Palais
Borne Taxis : Rond Point Champs Elysées


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