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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 16:10

 

La Comédie-Française

présente

Rituel pour une métamorphose


Rituel-pour-une-metamorphose.jpg

Jusqu'au 11 juillet 2013


De:Saadallah Wannous

 

Avec : Thierry Hancisse: Le Mufti , Sylvia Bergé: Warda, Denis Podalydès: Abdallah et Cheikh Muhammad, Laurent Natrella: Ibrahim et Izzat, Julie Sicard: Mou’mina/Almâssa, Hervé Pierre: Hamîd et Le Geôlier, Bakary Sangaré: Abdo et le Gouverneur, Nâzim Boudjenah: Afsah, Safwân et Un Gendarme ,Elliot Jenicot: Abbâs et Le domestique ,Marion Malenfant: La Servante, basma et l'Eunuque, Louis Arene: Soumsom et Un gendarme.

 

Metteur en scène :Sulayman Al-Bassam

 

 


 

De la littérature contemporaine Arabe salle Richelieu : texte osé, intelligent et inquisiteur.

 

 

La Comédie-Française s'engage avec la nouvelle entrée dans son répertoire de ce texte écrit en 1994 par Saadallah Wannous, auteur contemporain arabe.

 

Les grands clichés de notre société en prennent un coup, et c'est extrêmement plaisant.

De plus, jouer Rituel, ici, salle Richelieu, n'a rien d'anodin, l'acte en lui même est engagé. La Comédie-Française retrouve  son côté précurseur, bouleversant les mœurs.

Nous sommes à Damas en 1860, le prévôt des notables se fait piéger par le mufti (religieux musulman sunnite) de Damas, dans les bras d'une courtisane. Pour sauver son mari, la femme du prévôt va accepter de prendre la place de la courtisane, dans la prison. Sa seule condition sera d'être répudiée par son mari. Le pacte est conclu, le mari infidèle et la prostituée libérés,la femme répudiée. Elle va alors choisir de devenir courtisane à la surprise générale.

Ce texte parle du pouvoir des hommes, de la bêtise de la religion extrême et de l’hypocrisie que ces situations peuvent créer. La courtisane devient désirable de tous les hommes qui ne comprennent pourtant pas son choix. Elle, a enfin accepté de devenir libre de sa pensée et de son corps.

La place complexe de l'homme n'est pas épargnée. Il y a l'homosexualité aussi. Difficilement assumée, mal vécue, elle sera dévastatrice, on ne la laisse pas exister au noms de valeurs révolues.

rituel.jpg

Le désir des hommes pour les femmes est teinté de lâcheté et de non-dit.

La nudité de Nâzim Boudjenah tout comme celle de Denis Podalydès, dérange pour des raisons différentes. La première montre comment un homme du peuple est prêt à tout pour reconquérir celui déjà perdu, aucun espoir ne semble laissé ; la deuxième pour l'effet de surprise et son sens, son personnage décide de suivre le soufisme (religion abrogeant prostitution, alcool, pratiquant la charia) après avoir été humilié avec une prostituée.

 

La mise en scène est particulièrement soignée,une maison typique de Damas devenant tour à tour prison, rue, palais..puis plus rien, métamorphosée en néant, dans sa seconde partie.

 

Du théâtre politique pour réfléchir sur les grands piliers de notre société et ses fissures si grossières. Puisque nous avons la chance dans notre pays de pouvoir nous exprimer librement, il semble important d'aller voir cette pièce.

 

M.D

 

 

 

Infos pratiques :


Comédie Française

Salle Richelieu

Place Colette

75001 Paris

De 5 à 39 euros

www.comédie-francaise.org

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:01

 

 

Le Théâtre de l'oeuvre

présente

Demain il fera jour

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De Henry de Montherlant
Avec Léa Drucker, Michel Fau, Loïc Mobihan, Roman Girelli

Metteur en scène Michel Fau

 


 

         Les dernières mises en scène de Michel Fau font partie de ces évènements théâtraux à suivre. Sa dernière en 2012 à la Comédie des Champs-Élysées était superbe. Pour servir au mieux le texte de Joe Orton, il avait imaginé un décor devenant de moins en moins confortable, avec des déchets amoncelés en extérieur, se rapprochant de plus en plus dangereusement du cocon malsain provoqué par le trio : Ulliel-De Turckheim-Fau.(Que faire de Mister Sloane?)

Ici, nous retrouvons un intérieur plus chargé, comme lors de sa mise en scène pour La maison de poupée d'Ibsen au théâtre de la Madeleine en 2010.

 

La scénographie y est très travaillée, lumières chaudes, mobiliers raffinée prouvant la condition sociale du couple, murs tapissés, oppressants. Nous sommes en 1944, au cœur d'un appartement coquet parisien.


demain-il-fera-jour.jpg

 

Léa Drucker joue une mère pleine d'adoration pour son fils, un instinct maternel sur-développé par la froideur de son mari. Ce dernier (Michel Fau dont le jeu est comme à l'accoutumé, admirable) n'a jamais reconnu leur garçon et ne lui prête que peu d'attention. Il avoue même et sans complexe, ne pas l'aimer. Cette vérité glaciale déconcerte. Est-ce vraiment possible ? Quand le jeune homme de 17 ans veut entrer dans la résistance, avec tous les dangers que cela représente, on se demande quelle va être la réaction de son père : l’empêcher, le pousser à partir ?

 

Grand moment de théâtre accentué par ces dix minutes de noir quasi total (une panne de courant dans l'immeuble) obligeant le père à se livrer un peu trop. Rien que ce moment là vaut à lui seul tout le déplacement. C'est magique. Tout se délie, horriblement.

Et quand la lumière se rallume, devenant violente de vérité, Léa Drucker bouleverse en criant le désarroi de cette femme. On sent ses mots sortir de son ventre. Grandiose.

Le texte de Henry de Montherlant est fin, tout comme le jeu des comédiens et la mise en scène.

Ne vous privez pas de l'impact de cette pièce de théâtre.

M.D

 

 

Infos Pratiques:

 

Théâtre de L’oeuvre

55 rue de clichy

75009 Paris

01 44 53 88 88



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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 19:17

La Pépinière Théâtre

présente

La fin du monde est pour dimanche

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Jusqu'au 22 Juin 2013

 

De : François Morel
Avec : François Morel
Mise en scène: Benjamin Guillard

 


 

Depuis Janvier à la Pépinière Théâtre, le spectateur se régale des situations imaginées par François Morel.


Ici, un piano joue seul, une vidéo passée en boucle nous rabâche l'ennui bruyant et agaçant d'une jeune fille lançant machinalement des cailloux dans l'eau, un vieux monsieur essaye de parler à son petit-fils assez inattentif pendant qu'un journaliste de France Bleu Judée se trouve sur le lieu d'accouchement de la Vierge Marie mettant au monde et contre toute attente..une fille.

LA-FIN-DU-MONDE-EST-POUR-DIMANCHE---Franck-Moreau---01_thum.jpg

Le comédien réunit ici des textes écrits pour ses chroniques sur France Inter.


La mise en scène recèle de trouvailles poétiques et intelligentes, comme les projections permettant de se rendre rapidement sur un nouveau décor, l'appartement d'une caissière de supermarché fan de Sheila, photo au mur, tapis et papiers peints tout en lumière ou encore ce cirque détesté par un petit garçon. 

 

François Morel sera tour à tour acteur ou narrateur de ses histoires drôles, touchantes et surtout tellement bien écrites.


Un très très bon moment théâtral, à conseiller vivement !

M.D

 

 

 

 

 

infos pratiques :


La Pépinière Théâtre

7 rue Louis Le Grand,
75002 Paris

de 12 à 39 euros

18h ou 21h

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 15:36

Le Studio-Théâtre

présente

Lampedusa Beach

Lampedusa-Beach.jpg

Jusqu'au 28 avril 2013

 

De Lina Prosa
Traduction: Jean-Paul Manganaro
Avec Céline Samie  ou Jennifer Decker
Mise en scène et scénographie: Christian Benedetti

 


 

     Une seule comédienne porte le texte très fort de Lina Prosa, auteure de théâtre et directrice du «  Teatro Stusio Attrice/Non ». Elle raconte l'histoire de Shauba, une africaine et de ses dernières heures de vie. Réfugiée, elle se noie lentement en face de Lampedusa Beach, île silicienne.


lampedusa-beach.jpg

Ce texte lu la saison dernière au Théâtre du Vieux-Colombier et plébiscité par le public est loin d'être évident à mettre en scène.

Christian Benedetti prend le parti de ne pas vraiment créer de décor, tout comme Lina Prosa souhaite que ce soit une comédienne de couleur blanche qui dise les mots.


Céline Samie , que nous avons vue ce soir là, se transforme en messager. Elle raconte juste cette histoire, les derniers mots d'une femme avant d'être emportée par la mer. En aucun cas elle ne sera Shauba. Elle ne montera jamais totalement sur scène, restant toujours pudiquement proche.


Le texte prend ainsi plus de force et dans le même temps ne se laisse pas saisir d'emblée.

Il faut se laisser aller, écouter des mots permettant une interprétation nouvelle. Christian Benedetti parle d'un texte créé comme « une boîte à outils...Si bien que l'on part de l’acteur, qui est central, qu'on s’en éloigne par cercles concentriques successifs et qu'on revient à lui parce que c’est lui qui nous guide à travers le texte, tout en permettant aux spectateurs d'habiter son espace comme ils l'entendent. Mais auparavant, ils ont appris comment se déplacer. Parfois, il faut faire un pas de côté. Parfois, regarder ce qui est derrière.»


Un texte intéressant et constructif, superbement bien interprété, cependant un peu difficile à s'approprier.

M.D

 

 

 

Infos pratiques :

Studio-Théâtre

99 rue de Rivoli

75001 Paris

Location 01 44 58 98 58
du mercredi au dimanche de 14h à 17h
Fax location 01 42 60 35 65

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 14:40

 

Le Théâtre du Vieux-Colombier

présente

La tête des autres


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De : Marcel Aymé

Avec : Véronique Vella: Juliette Maillard ; Alain Lenglet: Le Procureur Bertolier ; Florence Viala: Roberte Bertolier ; Serge Bagdassarian: Alessandrovici ; Nicolas Lormeau: Le Procureur Maillard ; Clément Hervieu-Léger: Lambourde ; Félicien Juttner: Gorin ; Laurent Lafitte: Valorin

Metteur en scène : Lilo Baur

 

 


 

 

     Il y a des pièces où les cinq premières minutes sont suffisantes pour juger de leur qualité. La Tête des autres, pièce de marcel Aymé écrite en 1952 et présentée pour la première fois à la Comédie-Francaise, en fait partie.

Plutôt que d’énumérer toutes les subtilités du texte, de la scénographie parfaite nous plongeant au cœur d'un polar de l'après seconde guerre mondiale, des comédiens tous excellents, il faudrait surtout ne pas garder secret la représentation de cette pièce au succès évident.

Elle touchera forcément. Par son sujet d'abord, vraiment particulier, entre amour, pouvoir et perversion de la justice, autrement dit, de l'âme humaine, sur fond de condamnation contre la peine de mort.

 

Il y est question du procureur Maillard ( Nicolas Lormeau ) heureux d'apprendre à ses proches la condamnation d'un accusé, Valorin, musicien de jazz ( Laurent Lafitte). Mais quand celui-ci débarque dans l'appartement de ce dernier réclamant vengeance pour un crime non commis, la situation se complique. Quel rôle joue cette femme séductrice et sûre de son charme (Florence Viala) qui semble connaître particulièrement bien tous les hommes de cette sombre histoire? Femme du procureur Bertolier, lui même ami de Maillard, elle joue un rôle clef dans le texte.


la-tete-des-autres.png

 

Le metteur en scène a choisi la version originale de la pièce, moins dure que la seconde mais tout aussi dérangeante puisque les valeurs morales ne gagneront pas.

 

S'il s'agit d'une pièce de théâtre, elle frôle sans cesse le cinéma. Plusieurs moments sont superbes scénographiquement parlant, lorsque Serge Bagdassarian en mafieux reconnu, montre son pouvoir de domination, crie, rend son petit monde stressé, répond à trois conversations téléphoniques, tandis que ses fifres arrivent en se balançant à bout de cordes avec d'autres téléphones, dossiers en mains, l'image marque. La lumière très douce y est aussi pour beaucoup.

Sa sortie théâtrale est tout aussi mémorable, assis sur une chaise-trône, il ne fera pas dans la demi-mesure.

 

    Politique,  justice, combat de femmes entre celle ,désirable et libre, jouée par Florence Viala (dont l'accent sied à merveille avec son personnage) et l'autre, modèle, mère aimante et juste, pourtant moins adorée, jouée parfaitement par Véronique Vella. Même l'homme que nous croyions parfaitement sein, Valorin,(ce rôle de séducteur intelligent ne pouvait être que pour Laurent Lafitte,) va nous reserver des surprises.

 

Une vraie réussite, ne tardez pas, la pièce ne se joue que jusqu'au 17 avril !

M.D

 

 

Infos pratique :

 

La Tête des autres au

Théâtre du Vieux-Colombier

21 rue du Vieux-Colombier,

75006 Paris


Durée éstimée: 1h50

Location 01 44 39 87 00/01
7 jours/7 de 11h à 18h
Fax location 01 44 39 87 02

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 13:10

 

La Comédie-Française

présente

Phèdre

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Jusqu'au 26 juin 2013

 

Auteur:Jean Racine

Comédiens : Cécile Brune : Panope, femme de la suite de Phèdre, Éric Génovèse : Théramène, gouverneur d’Hippolyte, Clotilde de Bayser : Œnone, nourrice et confidente de Phèdre, Elsa Lepoivre : Phèdre, femme de Thésée, fille de Minos et de Pasiphaé, Pierre Niney : Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope, reine des Amazones (en alternance), Jennifer Decker : Aricie, princesse du sang royal d’Athènes, Samuel Labarthe : Thésée, fils d’Egée, roi d’Athènes, Benjamin Lavernhe : Hippolyte, fils de Thésée et d’Antiope, reine des Amazones (en alternance)

Metteur en scène : Michael Marmarinos

 

 


 

 

Un décor de belle villa, tons clairs, grandes fenêtres donnant vue sur la mer, sur une île : la Grèce antique. Il s'agit d'une image projetée, ce qui permet de donner du mouvement à la tragédie. Une radio diffuse les notes lointaines mais audibles, d'une musique présente pendant les cinq actes.


Un seul décor donc, mais qui semble évoluer grâce à l'image, changeant légèrement de tons, de lumières,accompagnant les comédiens.

Un micro de chant est aussi présent à gauche de la scène, chacun s'en approchera pour prononcer les mots de ce drame.

Certains reprocheront peut-être le côté peu rempli du décor. Une table,une image de Vénus, de l'eau, une plante déposée en hauteur, un lit. C'est finalement le paysage projeté qui crée principalement l'atmosphère.


Elsa Lepoivre en femme blessée, jalouse et incontrôlable, livrant malgré elle le secret de son amour à Hippolyte-dépassé par les événements-, est très sincère. Sa gestuelle montre la douleur comme on la conçoit, le spectateur comprend ce dont elle est victime.

Pierre Niney, brillant comédien dont on sait le talent, est un peu moins convaincant en Hippolyte, peut-être trop statique dans ses gestes ou le ton de sa voix, peut-être seulement parce que imaginé autrement. Clotilde De Bayser, en Oenone, la nourrice et confidente de Phèdre est aussi excellente en femme prête à tout pour aider sa maitresse, et pourtant rejetée pour avoir été trop dans cette servitude.


Les costumes ne séduiront pas autant que nous l'aurions voulu, et certaines particularités questionnent : pourquoi Thésée, roi d'Athènes (Samuel Labarthe) revient-il chez lui avec un manteau à demi enfilé? Pourquoi Aricie, princesse du sang royal d'Athènes(Jennifer Decker) est habillée en chemise et pantalon amples, couleur beige sans vie, tout comme Hippolyte (Pierre Niney) qui  porte un long trench-coat assez informe? Pour signifier qu'ils sont bientôt déjà morts ou dans l'erreur?


Phèdre n'avait pas été jouée à la Comédie-française depuis 1995 dans une mise en scène d'Anne Delbée avec Martine Chevallier en Phèdre, catherine Samie en panople, Eric Genovèse en Hippolyte. Les décors étaient signés Christian Lacroix.

18 ans plus tard, la version de Michael Marmarinos est sans doute encore plus moderne avec ce décor particulier mêlant image, sonore et jeu de lumières.

Cela reste ensuite une question d'appréciation personnelle.

M.D

 

 

Infos pratiques :

 

 

Place Colette, Paris 1er

Location 0825 10 1680*
du lundi au samedi de 11h à 18h
et de l’étranger 00 33 1 44 58 15 15
Guichets 7 jours/7, de 11h à 18h

12 euros, 27 euros ou 39 euros

2 heures 15 sans entracte.

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 17:22

 

La Pépinière Théâtre

présente

Bien des choses

CarteBlancheaFrancoisMorel2.jpgJusqu'au 30 mars

 

Auteur: François Morel

Comédiens:François Morel, Olivier Saladin et la voix de jean Rochefort

Metteur en scène: François Morel

 

 


 

« Ah ! Les voyages.

Comme vous fûtes sages
De nous donner ces images
Car les voyages,
C'est la vie que l'on fait,
Le destin qu'on refait. »


Barbara Les voyages

 

 

     Pendant 6 mois, Francois Morel est à la Pépinière Théâtre en tant que chanteur, comédien, metteur en scène, avec sa pièce : Bien des choses.

Une musique: Les voyages de Barbara, un animal : un grand oiseau, dissimulé derrière un rideau blanc. Il est rejoint par Olivier Saladin qui le somme de prendre son élan, de se décider à s'envoler.

En fin de spectacle, ses battements d'ailes le confirment, il a fait le grand saut, il est parti ! Ce contre-point poétique est bien vu puisque si les deux comédiens se moquent des touristes, ils considèrent tout de même que ces voyages sont essentiels.bien-des-choses.jpg

 

François Morel aurait pensé ce spectacle , une correspondance composée de cartes postales entre les Bronchon et les Rouchon durant des vacances, en

tombant sur un dessin de Chaval : un couple regardant un paysage, la femme s'adressant à son mari : « Ce soir, j'ai fait un rôti de porc avec des pâtes. » Une chronique estivale sur France inter et des lectures (déjà avec son acolyte) au Théâtre de Malakoff, lui confirment le côté décalé et forcément amusant de ces écritures, jusqu'à vouloir en faire une vraie pièce de théâtre.

 

Les échanges  entre les deux familles sont en effet très drôles car finalement très peu en rapport avec le pays visité. Quelques banalités mais jamais d'anecdotes concernant la façon de vivre ou les musées.Il est plus question de leurs petites personnes, de leur entourage. Lues tour à tour par François Morel et Olivier Saladin, sur un ton naïf, dans une mise en scène très simple, deux chaises, deux tables, mais suffisante, le public rit beaucoup. Les onomatopées des deux hommes, leur façon de s'exprimer, leur dispute, les incompréhensions, tout fonctionne. Olivier Saladin ne peut s’empêcher de danser le Sirtaki dès que les cartes postales arrivent de Grèce, il se persuade qu'une carte de chat ou de chien est forcément une photographie de l'animal de son voisin,qui tente en vain de le dissuader. Les plaisanteries à répétitions, comme celles du post-scriptum, marchent à coup sûr, grâce au talent des deux acteurs.

Spectacle à ne pas manquer pour retrouver un humour à la Deschiens, illogique et qui nous manquait! 

M.D

 

 

 

Infos pratiques :


La Pépinière Théâtre

7 rue Louis le Grand

75002 Paris

Du mardi au samedi à 21h

et en matinée samedi 18h

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:22

 

Le Théâtre Antoine Vitez

présente

Peau d'âne


peau-d-anej.jpg

 


Auteur : Charles Perrault
Comédiens : Aurélia Arto, Hugo Dillon, Christophe Sauger

Metteur en scène : Jean-Michel Rabeux

 

 


 

      Les choix d'adaptation et de mises en scène de Jean-Michel Rabeux mélangent plusieurs adjectifs : décalés, drôles, agressifs, sarcastiques, ingénieux..la liste est longue. Le spectateur n'est pas ménagé, comme si la Compagnie ne cherchait pas à lui plaire mais plus à lui donner sa vision des mots d'un auteur.


          Le conte de Peau d'âne (datant de 1694 dans la version de Charles Perrault) commence par l'arrivée du Roi et de la Reine, poussés dans des caddies. La femme accouche difficilement d'une fille,grimaces et cris à l'appui pendant qu'une fée en tutu rose et chapeau pointue (Christophe Sauger) veille , du haut de ses talons sans fin, sur le bon déroulé des opérations. Si la trame reste la même, la version de Jean-Michel Rabeux n'a plus rien de lisse. L'âne qui deviendra le manteau de la fille du Roi et son seul salut pour échapper à un mariage incestueux, hennit entre les actes, sans prévenir, effrayant.

Le roi (Hugo Dillon) aux costumes pailletés a tout du ringard sûr de lui et de ses pouvoirs liés à sa fortune. Sa fille (Aurélia Arto) n'est pas une femme princesse comme dans le fameux film de Jacques Demy, mais une petite fille un peu capricieuse, perdue par le désir irrationnel de son père.


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        La mise en scène est excellente parce que décalée, à moins qu'elle ne soit simplement remise au goût du jour, dans notre XXI ème siècle, tout en gardant cette magie du conte. Les robes brillent grâce à des ampoules appliquées sur elles, Björk et son tube 'It's oh so quiet' est chantée à plusieurs reprises par la princesse et la fée ressemble plus à une drag-queen.


     Beaucoup d'enfants étaient présents lors de cette représentation, certains ont été un peu bousculés des mots âpres employés par les personnages, ou par les hennissements très forts et soudains de l'âne. Quant à la princesse, elle fait l'unanimité avec ses belles robes magiques.


         La pièce est en tournée jusqu'au mois de juin, et vaut vraiment le déplacement !

 

 

 

Infos pratiques :

 

théâtre Antoine Vitez - Ivry sur seine
du 19 au 24 février 2013
- Du mardi 19 au vendredi 22 à 10h et 14h30
- Le samedi 23 à 18h
- Le dimanche 24 à 16h
Informations et réservations: 01 46 70 21 55
www.theatredivryantoinevitez.ivry94.fr

http://www.rabeux.fr/accueil

 

 

 

Dates de tournées :

 

le bateau feu - dunkerque
du 12 au 14 mars 2013
- Le mardi 12 à 19h
- Le mercredi 13 à 15h
- Le jeudi 14 à 19h
Informations et réservations: 03 28 51 40 40
www.lebateaufeu.com

la rose des vents - villeneuve d'ascq
du 27 au 29 mars 2013
- Le mercredi 27 à 19h
- Le jeudi 28 à 14h30 et 19h
- Le vendredi 29 à 14h30
Informations et réservations: 03 20 61 96 96
www.larose.fr

le vivat - armentières
les 4 et 5 avril 2013
- Le jeudi 4 à 14h30
- Le vendredi 5 à 14h30 et 19h30
Informations et réservations: 03 20 77 18 77
www.levivat.net

centre culturel andre malraux - hazebrouckt
le 9 avril 2013
- Le mardi 9 à 14h30 et 19h30
Informations et réservations: 03 28 44 28 58
www.centreandremalraux.com

théâtre louis aragon - tremblay-en-fance
les 12 et 13 avril 2013
- Le vendredi 12 à 10h et 14h30
- Le samedi 13 à 18h30
Informations et réservations: 01 49 63 70 58
www.theatrelouisaragon.fr

la nacelle - aubergenville
festival les francos
le 19 avril 2013
- Le vendredi 19 à 14h et 21h
Informations et réservations: 01 30 95 37 76
www.lanacelle.org

cournon
festival puy-de-mômes
- Le 24 avril 2013
www.cournon-auvergne.fr

sortie ouest - béziers
festival saperlipopette
du 24 au 26 mai 2013
- Le vendredi 24 à 10h et 14h30
- Les samedi 25 et dimanche 26 à 17h
Informations et réservations: 04 67 28 37 32
www.sortieouest.fr

le phénix - valenciennes
les 30 et 31 mai 2013
- Le jeudi 30 à 14h30 et 19h
- Le vendredi 31 à 10h et 14h30
Informations et réservations: 03 27 32 32 32
www.lephenix.fr

comedie de picardie - amiens
du 5 au 7 juin 2013
- Le mercredi 5 à 18h30
- Le jeudi 6 à 10h et 14h30
- Le vendredi 7 à 10h et 14h30
Informations et réservations: 03 22 22 20 20
www.comdepic.com

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 19:42

 

 

Le Théâtre de la Huchette

présente

Le bal

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Auteur : Irène Nemirovsky
Comédiens : Lucie Barret, Brigitte Faure, Serge Noel, Françoise Miquelis, Michel Tavernier
Metteur en scène : Virginie Lemoine, Marie Chevalot

 


 

 

C'est toujours avec grand plaisir que l'on se rend au Théâtre de la Huchette, haut lieu du théâtre contemporain dans les années 50.On ne présente plus son affiche théâtrale, La cantatrice chauve et La leçon jouées depuis 1957. Alors comme ces deux pièces détiennent le record mondial de longévité sans interruption dans le même théâtre, une fois vues, le spectateur s'interroge. Aura-t-il l'opportunité de s’asseoir à nouveau sur les fauteuils de la petite salle intemporelle nichée dans une rue bruyante et trop touristique?

La réponse est positive. En parallèle de ces deux chefs d'oeuvres, une autre pièce est présentée temporairement au public. Depuis quelques temps, il s'agit d'un des textes d'Irène Nemirovsky, joué tous les lundis.

Difficile d'obtenir une place, la salle est comble quasiment tous les soirs. Et pour cause, Le Bal, texte féroce d'Irène Nemirovsky est excellemment joué dans une mise en scène de Virginie Lemoine et Marie Chevalot, tout aussi réussie.

 


le-bal.jpg

    Un petit intérieur de maison devient tour à tour salon et chambre à coucher, graçe aux mains de deux 'garçons de maison', faisant  évoluer ce décor au gré de la pièce, lumière tamisée en guise de rideau. Cette façon de changer rapidement le décor tout en permettant au spectateur de rester dans la pièce comme s'il s'agissait d'un proche, est plaisante et bien pensé, le lieu reste petit et forcément contraignant.

 

 

Lucie Barret (que nous avons vu aux côté de Virginie Lemoine dans la série télévisée Famille d'accueil) joue Antoinette, une adolescente rebelle fâchée avec sa mère, que Brigitte Faure représente comme une femme sans cœur et égoïste.

Quand on sait les rapports que l'auteur entretenait avec sa mère, froid et haineux, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement.


Michel Tavernier en mari docile est on ne peut plus crédible et sa lâcheté à ne jamais réagir aux disputes entre sa femme et sa fille le rend très antipathique.

Quand la femme,qui a tout de la marâtre, souhaite donner un bal, la jeune fille imagine déjà la belle soirée qu'elle passerait. C'était sans compter sur la méchanceté de sa mère qui ne voit en cette soirée qu'un moyen de prouver leur ascension sociale, il est  hors de question que la petite soit dans leurs jambes.

Cependant, elle est assez grande pour écrire les lettres d'invitations, véritables trésors qu'elle devra poster. On jubile à l'idée de ce qui va se passer, à la tête que fera ce couple odieux quand il saura..


Le spectateur ne peut pas s'ennuyer, la pièce est drôle, cruelle, intelligente.

Avant de regagner la rue, la troupe de théâtre nous rappellera l'histoire de son auteur, et les circonstances dans lesquelles ces mots ont été écrits. Edifiant.


M.D

 

Infos pratiques :


Théâtre de La Huchette

23 rue de La Huchette,

75005 PARIS

tel: 01 43 26 38 99

Lundi à 19H

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:30

 

 

Le Théâtre de Poche Montparnasse

présente

Inventaires


Inventairespoche2.jpg

Auteur : Philippe Minyana

Comédiens : Florence Giorgetti, Judith Magre, Edith Scob
Metteur en scène : Robert Cantarella

 


 

Il y a 26 ans, Florence Giorgetti, Judith Magre et Edith Scob jouaient Inventaires, une pièce de théâtre née d'un travail de groupe entre Philippe Minyana , l'auteur, Robert Cantarella, le metteur en scène, et les trois comédiennes.

Depuis, le texte est donné au programme du baccalauréat, il est joué dans de nombreux festivals, apprécié par différentes troupes de théâtre. Il est finalement devenu une référence,un texte original et très contemporain, qui peine à vieillir.

Mais depuis 1987, jamais le spectacle n'avait été repris dans sa formation originale.

Fierté pour le plus petit théâtre de Paris, puisque c'est à lui que revient le privilège d’accueillir le collectif.


Trois femmes doivent parler d'elles lors d'un jeu. Un jeu télévisé sans doute ou peut-être radiophonique. Il y a un public devant les trois femmes, en réalité nous, qui n’hésitons pas à taper dans les mains, chanter, quand les personnages en font la demande. Ce public devient donc malgré lui, mais sans en être dérangé, moteur de la pièce, voyeur aussi. Car les trois personnalités doivent donner le plus de détails de leur vie, en un temps limité. Nous apprenons leurs désillusions sentimentales, leurs problèmes familiaux, les soucis de santé. Nous savons beaucoup, rapidement. Un homme est chargé de superviser l'ensemble, en les faisant s'asseoir, se lever, parler , selon des règles établis au préalable.


Inventaires

Un jeu donc, qui laisse deviner la personnalité de Jacqueline, Angèle et Barbara. Chaque spectateur aura sa préférée, celle dont il aura le plus aimé l'histoire. Mais cette trame est bien réelle puisqu'il s'agit de leur vie. C'est là le côté cruel de la pièce, le public se permet en toute franchise de préférer telle ou telle femme et sa vie, comme s'il ne s'agissait que de pions. Pourquoi se retrouvent-t-elles ensemble sur le plateau? Le public n'aura pas de réponse. L'animateur se contentera de leur remettre un petit gâteau en fin d'émission, apparemment peu savoureux, face aux  moues des femmes.

 

Edith Scob, Florence Giorgetti et Judith Magre jouent magnifiquement bien ces trois femmes aux destins différents. Chacune d'elles est touchante par son histoire et ses gestes.

La mise en scène composée de chaises, d'ampoules de couleur annonçant le tour de parole et de trois tableaux, est donc sobre mais contient tous les éléments suffisants pour le jeu, les actrices se chargeant du reste.

Le Théâtre de Poche Montparnasse prouve encore une fois sa volonté de sélection, en ayant choisi un texte intelligent joué par une équipe simplement juste.

M.D

 

 

 

Infos pratiques :


Le Théâtre de Poche Montparnasse

75 BD du Montparnasse

75006 Paris

du mardi au samedi-19h

Dimanche 17h30

Durée : 1h15

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