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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:06

 

La Comédie Française

présente

Amphitryon

amphitryoncf.jpg

jusqu'au 24 juin 2012

 

De: Molière

Avec:Sylvia Bergé : la Nuit, Coraly Zahonero : Cléanthis , Jérôme Pouly : Amphitryon , Laurent Stocker : Mercure , Michel Vuillermoz : Jupiter , Benjamin Jungers : Argaphontidas , Adrien Gamba-Gontard : Naucratès , Christian Hecq : Sosie ,Georgia Scalliet : Alcmène.

 


 

La Comédie Française reprend une de ses pièces préférées, plusieurs fois interprétées depuis sa création en 1668. Ca n'est pas le texte le plus drôle de Molière, l'histoire est même plutôt tragique: Amphitryon part venger la mort des frères de sa femme Alcmène, tués par des voleurs de troupeaux. Ce n'est qu'à cette condition qu'elle acceptera de consommer leur mariage. Mais à son retour, sa femme n'est pas du tout surprise de le revoir, elle affirme même l'avoir déjà vu la veille et partagé sa nuit avec lui. Amphitryon blessé cherche à comprendre.


Il s'agit donc du mari trompé, un des thèmes chers à Molière - en 1667, sa relation avec Armande Béjart n'est plus si forte, il faut peut-être voir dans cette création en trois actes, une sorte d'autobiographie- mais parce que cet homme se fait usurper son identité par les dieux, ennemis impossibles, l'envie de rire n'est plus présente. Amphitryon ne peut pas lutter, il est forcément déjà battu. Amphitryon

 

La mise en scène de Jacques Vincey conserve tout de même un esprit léger grâce aussi au jeu du valet Sosie interprété avec talent par Christian Hecq. Sa vision futuriste des dieux apporte beaucoup de nouveauté à cette pièce ! La Nuit est représentée en créature digne d'un film de science fiction, déambulant sur un auto-électrique à deux roues quand Mercure qui se prépare à usurper l'identité de Sosie, lui répond , cheveux verts, bouche coupée comme le Joker de Batman, sur une balancelle. Derrière eux, quatre voix murmurent un air doux contribuant à cette ambiance marquée. Au contraire, Amphitryon, Cléanthis, Sosie ou Alcmène, sont habillés comme des mortels, contraste violent qui prouve leur fragilité face à des Dieux avides de plaisir. Michel Vuillermoz campe un Jupiter sans aucune pitié, son envolée finale, caricaturée, est assez drôle. Quelques petites légèretés sont prises avec le texte, mais ils ne l'abîment pas, il s'agit plutôt de rapides clins d'oeil.


Le Théâtre du Vieux-Colombier nous avait déjà convaincu avec sa précédente pièce Erzuli Dahomey, déesse de l'amour, il continue de le faire avec une lecture différente d'Amphitryon, très contemporaine et réussie.


M.D

 

 

 

 

 

 

 

Infos pratiques:



Du mercredi au samedi à 20h, 16h les dimanches et 19h les mardis
21 rue du Vieux-Colombier

75006 Paris

Location 01 44 39 87 00/01
7 jours/7 de 11h à 18h
Fax location 01 44 39 87 02

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 12:07

La Comédie Française

présente

Une puce, épargnez-là


affiche-une-puce.jpgAu Théâtre Ephémère

Jusqu'au 12 juin 2012

 

De: Naomi Wallace

Mise en scène: Anne-Laure Liégeois

Catherine Sauval : Darcy, Guillaume Gallienne : Snelgrave, Christian Gonon : Kabe, Julie Sicard : Morse, Félicien Juttner : Bunce

 


 

 

 

Avec  l'américaine Naomi Wallace dont on connaît l'engagement, nous pouvions nous douter qu'une de ses pièces de théâtre, actuellement jouée à la Comédie-Française , allait être marquante. Si elle reste avant tout la scénariste de films militants comme  The War Boys,- à la base une pièce de théâtre où des jeunes hommes doivent surveiller la frontière mexicaine-, ou encore  Lawn Dogs, film sur les rapports humains vite dérangeants - un homme tombe amoureux d'une très jeune fille- ses écrits théâtraux le sont tout autant.Il n'est pas inutile de rapeller quelques titres comme Au cœur de l'Amérique  ,créée après la première guerre du golfe , qui relate plusieurs histoires croisées de soldats et de victimes, Au pont de Pope Lick où  deux jeunes adolescents bravent tous les jours la mort pour se sentir exister; ou encore Un monde qui s’efface racontant la vision d'un jeune Irakien sur son pays. Une puce, épargnez-là (titre inspiré d'un poème de John Donne, du XVIIe siècle) se passe à Londres en 1665. La peste fait rage, chacun se repli dans ses appartements avec consigne de ne plus en sortir. Ces tombeaux vivants font ressortir tous les désirs enfouis, violents, inavouables et bien vivants.


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 Anne-Laure Liégeois a déjà travaillé pour la Comédie Francaise en 2010 avec la pièce de théâtre  de Carine Lacroix Burn, baby burn ou la même année avec Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau. Sous la demande de Muriel Mayette, elle s'exerce ici à l'univers de Naomi Wallace avec succès. Musique classique et lumières criardes à chaque début de tableau provoquant un peu plus de malaise général, puis apparition de notes plus calmes vers la fin des deux heures de représentation, signe de  fin évidente, logique, de ces individus perdus dans leur huis clos.


Les corbeaux envahissent petit à petit la scène, intrusion fataliste d'une réalité dure à accepter, cette morte certaine que l'on sent dès le début de la pièce.

Evidemment tous les comédiens sont excellents, que ce soit Julie Sicard en jeune fille désirable, Félicien Juttner en marin objet de désir d'une bourgeoise malheureuse(Catherine Sauval) ou encore de Guillaume Gallienne, maitre de maison dépassé par ses peurs, brouillé dans ses repères.


Une pièce sombre, presque glauque où le spectateur n'est pas ménagé, ce qui en fait tout son intérêt. La lumière noire, les décors sobres et peu nombreux, tout participe à installer ce climat repoussant d'une fin proche et inévitable.

M.D

 

Infos pratiques:

Comédie Française

Salle Richelieu, théâtre Ephémère

Place Colette, 75001 Paris

Location 0825 10 1680

du lundi au samedi de 11h à 18h

et de l’étranger 00 33 1 44 58 15 15

Guichets 7 jours/7, de 11h à 18h

 

Crédit photo: Christophe Raynaud De Lage

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 12:28

Le Théâtre Marigny

présente

Après tout, si ça marche..


affiche-theatre.jpg

Jusqu'au 23 juin 2012


D’après le scénario de Woody Allen, Whatever works

Texte français, adaptation et mise en scène Daniel Benoin

Avec Clément Althaus, Bruno Andrieux, Nora Arnezeder, Matthieu Boujenah, Michel Boujenah, Paul Chariéras, Jonathan Gensburger, Charlotte Kady, Eric Prat et Cristiana Reali.

 


 

 

Adapter au théâtre le film de Woody Allen Whatever works sorti sur nos écrans en 2009, n'est pas un pari incensé. Toute l'action se déroule principalement dans l'appartement du bougon Boris Yellnikoff, génie raté de la physique, divorcé et toujours célibataire; ce qui simplifie la mise en scène théâtrale. Fidèle au texte de Woody Allen, l'adaptation de Daniel Benoin n'en garde pas moins une certaine fraîcheur, dûe au jeu des comédiens. Michel Boujenah interprète au plus près cet homme hypocondriaque à la vie ratée: plus de femmes, jamais de récompenses dans son travail, un suicide échoué, de quoi devenir renfermé. Sa gestuelle et ses répliques pleines de naturel font véritablement exister ce personnage, le différenciant de l'acteur Larry David. Il s'appellera Maurice dans cette version française.

boujenah.Apre-s-tout-si-c-a-marche.png

 

Nora Arnezeder dans le rôle de Mélodie, jeune fille sans grande éducation mais pleine de jeunesse perdue dans New York, fonctionne aussi très bien.On regrettera juste quelques exagérations de tons, pas forcément necessaires pour appuyer sa personnalité.Quand arrive sur le plateau la mère de Mélodie, femme exubérante en pleine crise identitaire, la situation devient presque burlesque.Cristiana Reali joue cette Marietta, Marie-laure dans la version de Daniel Benoin, avec un amusement certain.

 

Ce parti pris de changer les prénoms des personnages principaux permet d'essayer de se détacher du film tout en respectant sa trame. Il n'y aura cependant pas de réelles surprises, la pièce reste très fidèle au texte de Woody Allen, ce qui plaira ou non. D'un autre côté, l'affiche ne trompe personne puisque l'on y voit les lunettes icones du réalisateur américain.

La mise en scène, très interessante par ces plateaux coulissants, permet un changement de décor très rapide. L'utilisation de la vidéo personnalise cette création.

 

Les comédiens jouent bien, on retrouve avec plaisir Michel Boujenah déjà dirigé par Daniel Benoin en 2009 avec L'argent des autres au Théâtre national de Nice*. Même plaisir avec Cristiana Reali que l'on avait pas revue sur les planches depuis 2010**. On découvre aussi Matthieu Boujenah dans le rôle de Charles(Randy dans la version de Woody Allen), jeune garçon tombant amoureux de Mélodie.

Une pièce plaisante peut-être encore plus appréciable si l'on ne connait pas le film.

M.D

 

*Depuis 2002, Daniel Benoin succède à Jacques Weber à la direction du Théâtre national de Nice, Centre dramatique national Nice-Côte d'Azur.

**On purge bébé et Léonie est en avance de Georges Feydeau, mise en scène Gildas Bourdet, Théâtre du Palais-Royal

 

 

 

Infos pratiques:


Théâtre Marigny

Carré Marigny

75008 Paris

Du mardi au vendfredi 21h samedi 16h30 et 21h

53/43/23 euros

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 17:25

Le Théâtre Marigny

présente

Récital Emphatique

affiche recital

 

Mise en scène de : Michel Fau

Interprété par : Michel Fau

Accompagnement piano : Mathieu El Fassi

 


 

 

Les parisiens peuvent découvrir un peu partout dans leur ville les affiches d’un spectacle présenté au Théâtre Marigny. Ils y voient une dame hautement chaussée, habillée d’or, maquillage prononcé, rouge à lèvre de star et pose lascive, une vraie tragédienne. Cette diva brillante n’est autre que Michel Fau, particulièrement bien grimé, accompagné de Mathieu El Fassi au piano. L’artiste propose un récital emphatique, autrement dit une visite de quelques classiques d’opéra, de tragédie lyrique ou de chanson française. Le fait de chanter ou déclamer  en exagérant la prononciation des mots pour les mettre en relief  est un véritable bonheur. RECITAL-EMPHATIQUE_Michel-FAU-_Photo-libre--c--Marcel-Hartm.jpg

 

Ce pastiche burlesque des grandes cantatrices d’opéras ou tragédiennes d’antan est  jouissif parce sarcastique mais sans aucune  méchanceté, il s’agit même d’un véritable hommage. La chanteuse Zaz, très populaire sur nos ondes radios, est ainsi revisitée en diva mal dégrossie et le texte de surcroît assez simple à la base, en devient vraiment très drôle, son côté incongru ressortant nettement.

L’opéra de Camille Saint-Saëns  ‘Samson et Dalida’ provoque le rire franc de beaucoup de spectateurs. En effet, l'artiste s'amuse à esquisser des mouvements de danse , comiques car appuyés, mais aussi parce que ces comportements ont  déjà été vus. On  rit  de ce que l’on connaît .

La gestuelle de ce clown tragique influe sur notre bonne humeur.


  Ses différentes interprétations d’un passage de la tragédie de Jean Racine, Phèdre, acte 1 scène 3 : « Mon mal vient de plus loin…C’est Vénus toute entière à sa proie attachée” montrent par quatres manières, toutes les possibilités terribles de le livrer au public: crié, miaulé, chuchoté, tout y passe. On pense aux Exercices de style de Raymond Queneau.

 

Quand l’artiste s’en prend à Marguerite Duras, déclamant un passage de son oeuvre Un barrage contre le pacifique mélangé à celle de l’Amant, les mots ne s’embarrassent plus de frontières et se retrouvent à Belleville, dans un restaurant chinois, pour notre grand plaisir.*

Les doigts agiles du pianiste Mathieu El Fassi participent à cette réussite, de même que le maquillage réalisé par Pascale Fau et les robes de David Belugou.

Un récital intemporel et déjanté, plein de talents.

M.D

 

 

*texte de Roland Ménou, Mékong B4

 

Infos pratiques :


Théâtre Marigny

Carré Marigny

75008 Paris

01 53 96 70 30

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 14:44

 

Le Théâtre du Ranelagh

présente

Volpone

affiche-volpone.jpg

jusqu’au 2 juin 2012

 

 

D’après Ben Jonson

De: Toni Cecchinato et Jean Collette

Mise en scène: Céline Sorin et Alfred Le Renard

Avec: Grégory Benoit, Samir Dib, François Juillard, Anne Mino, Yannick Rosset, Céline Sorin.

 


 

      Volpone est une des pièces les plus connues du dramaturge anglais Ben Jonson. Un homme riche, Volpone, fait semblant d'être sur le point de mourir afin de s'enrichir encore plus. Ses proches aimeraient tellement lui succéder qu'ils sont prêts à tout, vraiment tout, pour attirer ses faveurs. Son valet Mosca tire les ficelles de ces pantins, déshumanisés par leur volonté de pouvoir.


Certaines libertés ont été sciemment prises dans cette mise en scène très particulière. Mosca est joué par une femme (Céline Sorin) et sa fin est plus heureuse que la version écrite. Les costumes et le maquillage prononcé jouent un rôle essentiel dans la pièce. Tout y est volontairement très poussé, à la limite de la farce visuelle. Il en résulte différents sentiments, décontenance, amusement et interrogations. Les puritains trouveront que tout n'est pas forcément de bon goût, partie pris de la Fox Compagnie pour rajeunir le texte. Pas de rideau qui s'ouvre, mais un cube, Volpone danse entouré de deux soubrettes au visage recouvert d'un masque nippon aux cheveux blonds.

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La musique rythmée de Samir Dib se fait entendre quelques secondes, vite happée par le rire tonitruant et embarrassant de Volpone. Il est repoussant, torse nu, excité par les deux femmes, fumant un cigare, prêt à assouvir ses instincts. Et puis Mosca fait son apparition, habit d'homme, visage très blanc, dérangeante, comme tous les autres comédiens qui suivront. Le marchand Corvino prêt à donner sa femme pour contenter Volpone, a déjà les cornes du cocu symbolisé par une coiffure abracadabrante, son costume violet n'est pas en reste. Sa femme Célia porte la même couleur dans ses cheveux, une perruque courte, très visible. Le vieux Corbaccio déshérite son fils pour espérer obtenir la fortune de Volpone, son habit noir comme le corbeau est un peu plus sobre que ses acolytes. Quant à Voltore, l'avocat, il porte une coiffe de vautour, un habit violet et un maquillage facial très blanc, argrémenté de noir à certains endroits stratégiques pour faire ressortir les traits.

Leur gestes sont parfois ralentis voire même arrêtés quelques secondes, donnant à la situation un côté excessif.


Du fait de ce partie pris scénographique, l'avis du spectateur sera forcément assez tranché. Ce style fait de comédiens marionnettisés donnant à cette comédie un côté farce, lui plaira ou ne lui plaira pas, loin du jeu de Louis Jouvet en Mosca et de celui de d'Harry Baur dans le film de Maurice Tourneur, référence atemporelle. La musique ponctuée de rires d'enfants l’interpellera peut-être. Il y a en tout cas un point sur lequel chacun s'accordera: l'originalité de la pièce.

M.D

 

 

Infos pratiques :

 

Théâtre du Ranelagh

5 rue des vignes

75016 paris

01 42 88 64 44

Du mercredi au samedi à 19h, matinée samedi à 14h et dimanche à 15h

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 12:52

 

 

Le Théâtre 71

présente

L'Eden Cinéma

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jusqu'au 24 mars 2012

 


De: Marguerite Duras, d’après Un barrage contre le pacifique (1950)

Metteur en scène: Jeanne Champagne
Avec Sébastien Accart, Fabrice Bénard, Agathe Molière, Tania Torrens et Sylvain Thirolle.



          Une fille au milieu de la scène, jouant de l'accordéon, un air comme fil conducteur de cette triste histoire, son auteur, Carlos d'Alessio et sa Valse de l'Eden. L'Eden, c'est un cinéma dans lequel la Mère a joué du piano pour gagner sa vie, ses deux enfants s'endormant dans un coin de la salle. Et puis quand au bout de dix ans, elle en a eu assez pour partir, elle a demandé une concession en Indochine,à la Direction générale du cadastre de la colonie. Après deux ans d'attente elle l'obtient enfin, mais doit se rendre à l'évidence, la marée qui assiège ses terres la rend incultivable. Elle décide de construire un barrage contre le Pacifique, les habitants la soutiennent, on l'aide, mais en une nuit, il s'écroulera sous la force indomptable de la mer. Elle est là, avec ses deux enfants qui grandissent, dépassée, pleine de rancoeur.


eden-cinema.jpg

 

La fille au milieu de la scène, c'est Suzanne. Elle voudrait tellement quitter cet endroit et vivre sa jeunesse. Mais pas toute seule, avec son frère auquel elle voue un véritable culte. Et puis La mère, dont on ne saura jamais le véritable prénom, est tellement dure, prise dans ses rêves impossibles. Arrive monsieur Jo , riche personnage sans  grand intérêt, il s'intéresse tout de suite à Suzanne.

La Mère le remarque et voit là un moyen de gagner de l'argent.      Elle ne s'embarrasse pas de sentiment.


Agathe Molière joue la jeune fille et lui donne une réelle personnalité, différente de ce que je m'étais imaginé à la lecture d' Un barrage contre le pacifique, mais très intéressante aussi. Je me la projetais moins enfantine, moins séductrice aussi. Totalement sous l'emprise de sa mère, elle essaye de faire au mieux pour la contenter, quite à oublier son bonheur. Elle devient méchante avec Jo, se prostitue finalement pour faire plaisir à sa famille. Jeanne Champagne a rendu ce personnage plus fort que dans mes idées. Ainsi elle décide de montrer sa poitrine à cet homme en attente, pour obtenir plus d'argent. Je ne la voyais pas aussi entreprenante. Ce n'est pas une critique mais une constatation, chacun se fait une image toujours précise des personnages lus, tout comme je pensais un Joseph plus présent, avec plus de poigne.(peut-être aussi influencée par le film de Rithy Panhavec Isabelle Huppert dans le rôle de la Mère et Gaspard Ulliel dans celui de Joseph, adaptation qui n'a d'ailleurs pas séduit l'auteure)


L'idée de réunir cette pièce sur un décor de sable est très juste. Puisque la mère donne sa vie pour cette étendue sans avenir, l'Eden Cinéma ne pouvait que se jouer là. Tania Torrens dans le rôle de la Mère, parle peu, ce sont surtout ses enfants qui s'expriment à sa place, une volonté de l'auteure dans son choix d’interprétation. De ce fait, les phrases qu'elle prononce n'en sont que plus importantes puisque mesurées. Elle oscille entre colère et impuissance, son personnage n'a aucun mal à exister.


On passe un très bon moment avec des comédiens de qualité dans une mise en scène très travaillée(les lumières orangés évoquent la tombée de la nuit, lourde de chaleur tandis que les lumières plus vives produisent l'effet envahissant des journées trop humides pour se déplacer sans lenteur. Les sons des animaux participent aussi à créer cet univers.)

Une réussite.

M.D

 

Infos pratiques:


Théâtre 71

3 place du 11 novembre, 92240 Malakoff

www.theatre71.com

01 55 48 91 00

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 19:41

 

 

Le Théâtre du Vieux-Colombier

présente

Erzuli Dahomey, déesse de l'amour

erzuli

Jusqu'au 15 avril 2012

 

 

De:Jean-René Lemoine

Avec: Claude Mathieu : Victoire Maison,Françoise Gillard : Sissi ,Serge Bagdassarian : Le Père Denis ,Bakary Sangaré : Félicité ,Nâzim Boudjenah : West ,Pierre Niney : Frantz

Et :Nicole Dogué : Fanta, jibril Pavadé : Lulu

Mise en scène: Éric Génovèse

 


 

Une veuve, Victoire Maison, vit dans une petite ville sans grande histoire. Ses premières répliques nous la montrent tout de suite comme une femme égocentrique aux airs exaltés vite retombés car probablement faux. Elle a été comédienne, il y a longtemps, mais elle ne l'a pas oublié et continue de jouer, toujours, partout où elle passe. Elle n'est jamais dans la sincérité. Elle a eu trois enfants. L'un est parti au Mexique, les deux autres, des jumeaux, vivent toujours sous son toit, embrassés l'un dans l'autre. Ces deux là s'inventent leur histoire, leur code, s'aiment malsainement. Et puis il y a ce prêtre, un homme bien, a priori, du moins c'est ce que l'on se dit, stupidement, étant donné son rang. On s’aperçoit pourtant bien vite compte de l' erreur. Entre eux tous, la femme de ménage, antillaise, qui ne se plaint jamais et passe le temps à rêver de Lady Di.

 

Erzuli2

  Toute cette petite famille évolue tant bien que mal jusqu'à ce que l'on apprenne la mort du fils voyageur. Son corps va être rapatrié et enterré à côté de chez eux. Mais le décédé transporté ne sera pas le bon, c'est un africain que l'on ramène et place sous caveau. Chaque personnage va alors  rencontrer ce corps noir déambulant sur les planches, avançant comme un songe, dérangeant, nu, imposant et malheureux, il a été trompé, il ne devrait pas être à cette place . Félicité, la mère sénégalaise de celui que l'on a transporté par erreur, arrive en plein repas, voulant récupérer son fils et créant par là même un véritable chamboulement dans les habitudes de chacun.

 

On pourrait penser qu'avec une telle trame, la pièce va être difficile, peut-être un peu indigeste. Il n'en est rien. D'abord parce que les comédiens sont parfaits, tous autant les uns que les autres. Claude Mathieu campe une vieille femme qu'il est difficile d'aimer, attachante pourtant, sa vie n'a pas dû être facile, son mari est mort, son corps jamais retrouvé. Ses gestes très exagérés, presque vaudevillesques séduisent. Le Père Denis vit au travers de Victoire Maison jusqu'à enfin s'écouter  en lui. Serge Bagdassarian arrive à saisir à la fois le côté sale et repoussant de cet homme dépravé qui n'hésite pas à solliciter l'aide des autres pour parvenir à ses pulsions, et dans le même temps il nous montre un homme souffrant de ses anciens choix qui aimerait s'émanciper pour vivre enfin. .


Tout l’intérêt de cette pièce est  de produire le rire quand on ne l'attend pas, sur des sujets pourtant graves, preuve de la qualité scénographique, du jeu des comédiens et surtout de l'écriture.

Le texte de Jean-René Lemoine  a reçu le Grand Prix Sacd de la dramaturgie de langue française et a été plébiscité par le bureau des lecteurs de la Comédie française, nous n'en sommes pas surpris.

Voilà une vraie réussite qu'il ne faudrait pas rater.

M.D

 

 

Infos pratiques:

 

Théâtre du Vieux-Colombier

21 Rue du Vieux-Colombier

75006 Paris
01 44 39 87 00

Du mercredi au samedi à 20h, 16h les dimanches et 19h les mardis

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 17:47

Le théâtre du Lucernaire

présente

La Rimb, le destin secret d’Arthur Rimbaud


LA-RIMB.jpg

Jusqu’au 21 avril 2012



Auteur : Xavier Grall
Metteur en scène : Jean-Noël Dahan
Comédien: Martine Vandeville

 


 

          

Tout en haut du Théâtre du Lucernaire se tient une petite salle, celle que l’on atteint  par un escalier étroit en colimaçon. La comédienne est déjà sur scène,et ne bouge pas. Assise sur une chaise, une cuvette sous ses pieds nus, elle attend le moment où elle fera revivre pour un temps éphémère," La Rimb", la mère d’Arthur Rimbaud. La pièce est brumeuse, comme si une fumée était projetée. Le temps que nos yeux s’habituent à la pénombre pour en avoir la confirmation. Un lustre eclaire très succinctement le décor dont il en est le principal acteur au côté d’une chaise occupée par cette femme et posée sur un vieux plancher.

la-rimb.png

Puis, sans prévenir, la Rimb se met enfin à parler. Elle raconte son fils, celui qu’il était vraiment. Pas le poète homosexuel maudit, le voyou de Londres ou de Bruxelles mais le négociant ingénieux et croyant. Comme si selon elle, il y avait eu deux périodes, son adolescence tumultueuse d’un côté, période pour elle inintéressante, et son voyage en Afrique qui fait de lui ce commerçant avisé et bon personnage.  Sous les traits de Martine Vandeville, la Rimb se montre de caractère, presque méchante et pourtant aimante, elle regrette tant la disparition de son fils adoré.  On peut comprendre l’amertume de sa vie, un mari volage qui ne revient à la maison que pour l’engrosser, la laissant là, son ventre rond, sa ferme et ses soucis, jusqu’à ne plus revenir du tout.


Des sons émanent de la pièce, sa voix, elle parle de sa sciatique qui la fait souffrir, évoque brièvement quelques souvenirs. D’autres fois, ce sont justes des bruits que l’on entendra. Des tintements, des grincements..

Peut-être un clin d’œil à l’origine du texte, écrit par Xavier Grall (Arthur Rimbaud ou la marche du soleil, suivi de La Rimb) et interprété à la radio en 1973 ?


Martine Vandeville maitrise son texte, se donne vraiment. On ne peut douter de son travail, de son investissement . Pourtant, se dégage du moment théâtral une certaine opacité, ces haussements de ton sont-ils nécessaires pour se faire comprendre, de même que ce côté déclamé ou le choix de cette gestuelle? La fumée joue-t-elle vraiment son rôle ?

L’unanimité des avis se fera plus sur la qualité du sujet ou le talent incontestable de la comédienne. Ils seront plus partagés sur la mise en scène de ce texte.

M.D

 


 

Infos pratiques:


Théâtre du Lucernaire

3 rue Notre-Dame-Des-Champs

75006 Paris

Mardi au samedi 19h

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:48

 

Le Théâtre Marigny

présente

Lucide

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jusqu'au 7 avril 2012

 

 

de Rafael Spregelburd

Mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo
Texte français de Guillermo Pisani et Marcial Di Fonzo Bo

Avec Karin Viard, Lea Drucker, Micha Lescot et Philippe Vieux

 


 

 

            Il est très difficile d'essayer de réduire cette pièce compacte de Rafael Spregelburden par  quelques lignes de résumé. Le sujet en lui-même est déjà source de discussion: un jeune homme(Lucas, joué par Micha Lescot) essaye de contrôler ses rêves, de les faire évoluer selon ses désirs, de rester lucide. Cette idée lui est venue d'une thérapie censée l'aider à se défaire de l'affection  débordante maternelle(Tété, jouée par Karin Viard). Cette dernière est sans doute folle. Elle arrange la réalité, s’amourache rapidement d'un professeur de tennis rencontré sur internet (Philippe Vieux) et préfère son fils à sa fille qu'elle n'hésite pas à injurier. (Lucrèce, jouée par Léa Drucker). Lucas doit encore se déguiser en sa mère, toujours dans le cadre de son étrange thérapie. Il revient sur les planches dans une robe pastel, talons hauts, maigre et dérangeant. Cette fois, le spectateur est forcé de prendre du recul. Est ce que toute la pièce est réelle? A moins que ce ne soit qu'un long rêve?


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Seule certitude, un mystère plane au-dessus de toute cette maladive famille, un secret lourd. Mais comme chaque personnage s'arrange de la situation, il est très difficile de démêler le vrai du faux, c'est d'ailleurs ce qui fait toute l'originalite du texte. Placer le spectateur dans ce labyrinthe émotionnel et le laisser se débrouiller avec ces personnages déjantés, l'idée est très séduisante, fatiguante aussi car les cas sont lourds.


La mise en scène de l'argentin Marcial Di Fonzo Bo est absolument géniale. Le papier peint, les costumes, tout nous plonge au cœur des années 70. On pense aux films de François Ozon aux atmosphères familiales pesantes ou Almodovar et ses femmes fortes et ambiguës. Les dix dernières minutes méritent d'être saluées pour leurs originalités scénographiques.


Karin Viard signe ici une véritable prestation, femme démente, calculatrice, aimante ou simplement blessée. Elle hausse le ton, minaude et conduit la pièce vers un succès certain.

Léa Drucker, Micha Lescot,Philippe Vieux..tous les comédiens sont parfaits, aucune fausse note. La sœur perturbée et colérique, le joueur de tennis déjà marié, imbu de lui-même, très vite dépassé ou le jeune garçon sur qui repose tout le malaise, essayant de purger son mal-être dans une douteuse thérapie..Il n'y a ici aucun second rôle, tous ont leur importance. Dans une interview, (www.lucide-lapiece.com) Marcial Di Fonzo Bo dit avoir conduit une voiture de sport, tant les comédiens sont de haut niveau. On comprend tout à fait l'image.


C'est une pièce qui se digère, auquelle on repense,qui ne laisse pas de marbre. Sans doute LA pièce événement de cette rentrée théâtrale, celle qu'il ne faut pas rater.


M.D

 

 

infos pratiques:

 

Théâtre Marigny

Carré Marigny

75008 Paris

01 53 96 70 30

www.theatremarigny.fr

Du mardi au samedi 21h, matinée samedi 16h30

Relâches les 31 janvier, 7, 8 et 24 février 2012

http://www.lucide-lapiece.com

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:11

 

Le Théâtre Hébertot

présente


La femme du Boulanger

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Une pièce de: Marcel Pagnol
Mise en scène: Alain Sachs
Avec:Michel Galabru, Christophe Abrial, Julien Cafaro, Jean Galabru, Sylvie Genty, Marianne Giraud, Bernard Larmande, Maxime Lombard, Christophe Mondoloni, Dominique Regnier, Roger Souza, Philippe Uchan...

 

 


 

     La femme du boulanger est avant tout un film, célèbre, inspiré du conte de jean Giono Jean le Bleu sorti en 1938 sur les écrans, avec jules Raimu dans le premier rôle. Marcel Pagnol n'a pas tout de suite pensé à lui, mais à Maupi, un de ses interprètes habituels. Quand Jules Raimu l'apprend, il en est particulièrement vexé. S'ensuit une correspondance entre les deux hommes, longue, difficile, drôle aussi pour celui qui les découvre et qui se terminera par une entente: Raimu jouera bien le boulanger, il n'y a que lui pour interpréter un tel rôle.

Michel Galabru avait raconté cette correspondance entre 'Jules et Marcel', Philippe Caubère lui donnait la réplique. C'était en 2009, au théâtre Hebertot déjà.


Trois ans plus tard, voici donc un joli clin d'oeil au temps qui passe, Michel Galabru se met dans le rôle de Jules Raimu et devient pour deux heures, le célèbre boulanger de ce petit village de Haute-Provence. la_femme_du_boulanger.jpg

 

L'histoire, on la connait tous. Ce qui est intéressant ici c'est surtout la présence de cet homme, bientôt 90 ans, d'une énergie incroyable, toujours autant cabotin. Il maitrise parfaitement son texte, se permet même de s'en amuser, il grimace, se met faussement en colère, et répond exactement à l'image dont se fait le public sur sa personne. Certes, il en fait peut-être un peu trop, mais c'est avec grand respect que l'on écoutera ses répliques, troublé de voir ce maître jouer avec autant de plaisir et de volonté son texte, comme si les années passées l'épargnaient.


Le public rit beaucoup, le texte non plus ne vieillit pas, preuve de sa qualité littéraire.

On notera la prestation de Roger Souza (acteur dans le film de Claude Berri Jean de Florette,comédiens en 1968 pour Marius au théâtre des célestins..) dans le rôle d'Antonin, comédien discret mais efficace, aux yeux rêveurs et à la présence forte.

 

La mise en scène d'Alain Sachs(metteur en scène pour La vie Parisienne ou Le Quatuor) est très habile, elle permet de montrer l’extérieur de la maison du boulanger mais encore grâce à un effet rotatif, son intérieur.

 

Une pièce de théâtre très plaisante et de qualité où l'on retrouve avec joie le curé, l'instituteur, la vieille femme, les piliers de comptoirs et leur accent méridional.

 

M.D

 

 

Infos pratiques:

 

Du mardi au samedi à 21 hoo, matinée le dimanche à 16heures.


Théâtre Hébertot

78 bis, boulevard des Batignolles

75017 Paris

Reservation: 01 43 87 23 23

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