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  • : Devant la quantité de pièces de théâtre proposées et expositions parisiennes, ce site vous permettra de faire votre propre choix.
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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 18:24

 

 

La Comédie des Champs Elysées

présente

Race

affiche-race.jpg 

 

Jusqu'au 13 mai 2012

 

 

De David Mamet
Mise en scène Pierre Laville
Avec Yvan Attal, Alex Descas, Sara Martins et Thibault de Montalembert

 


 

 

           La dernière pièce de théâtre de David Mamet était très attendue aux Etats-unis. On ne présente plus celui qui a reçu un prix Pulitzer pour sa pièce Glengarry Glen Ross (1992), scénariste de films comme Le facteur sonne toujours deux fois(1981), Les Incorruptibles ou Hannibal(2001). Mais nous pouvons rappeler que sa dernière pièce Race, a déjà été jouée 350 fois à Broadway, à l’Ethel Barrymore Theatre, de novembre 2009 à septembre 2010.

La comédie des Champs Elysées en propose 111 représentations.

Pas de surprise dans le choix du metteur en scène, Pierre Laville bien sûr,  qui avait déjà adapté toutes ses précédentes pièces en france.

 

Ici, le sujet est dur, il s'agit de justice, de viol, de jugement. L'homme est blanc et aurait violé une femme noire. Trois avocats doivent le défendre. En ont-ils l'envie, persuadés de sa culpabilité?

Yvan Attal joue avec conviction cet avocat intelligent, obligé d'être prêt à tout pour défendre l'honneur du cabinet. On sent que le sujet l’intéresse, le passionne même. Son jeu est net, incisif. "Voilà déjà quelques années que Pierre Laville et moi tournions autour de David Mamet. Pierre a eu la chance d'adapter toutes ses pièces en France, moi je n'avais jamais l'âge des rôles. Il y a deux ans exactement nous découvrons RACE. Malheureusement nos emplois du temps à tous nous empêchent de jouer la pièce tout de suite. Nous décidons l'année dernière de prendre rendez-vous pour cette rentrée théâtrale..."écrit-il sur le site de la Comédie des Champs Elysées.


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Alex Descas joue le confrère, le deuxième avocat. On connait le comédien pour l'avoir déjà vu dans différents films comme La beuze en 2003 ou Dans tes rêves en 2005. Si l'on se persuade moins de son rôle, on aimera son physique imposant, tranquille, très crédible pour son personnage.


Sara Martins (L'heure d'été 2008, Les petits mouchoirs 2010, Le marquis,2011..) rentre doucement dans la toile de la pièce. Mais sa présence est en réalité essentielle. C'est la dernière avocate, celle qui va forcer les événements. Sa prestation impeccable manquera peut-être un peu de chaleur, c'est sans doute voulu.


Quant  à l'accusé d'office, qui n'est en réalité plus du tout présumé innocent, le choix du comédien est à saluer. Thibault de Montalembert est en effet parfait dans le personnage de l'homme exécrable, mangé par l'argent, aux limites perdues.(N.B:Il est la doublure française de Hugh Grant, a joué dans Hors-la-loi en 2010ou encore dans  Je vais bien, ne t'en fais pas en 2006  )

 

Un cadre toujours aussi plaisant, des comédiens très doués et un sujet difficile mais abordé avec finesse, tout est fait pour le plaisir du spectateur.


M.D


Infos pratiques:

Comédie & Studio des Champs-Elysées
15, av Montaigne
75008 PARIS

Du mardi au samedi 20h30
Matinées dimanche 16h00

De 20 à 50 euros

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:13

Le théâtre Montparnasse

présente

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Pensées secrètes

 


avec Isabelle Carré et Samuel Labarthe
Pièce de David Lodge
Adaptation de Gérald Sibleyras
Mise en scène Christophe Lidon

 


 

 

                    En 2001, l'écrivain anglais publiait Pensées secrètes, l'histoire d'une rencontre entre deux universitaires, Helen et Ralph. La première a perdu son compagnon d'une rupture d'anévrisme, mort violente dont elle peine à se remettre, l'autre est directeur d'un grand centre de recherche, docteur en philosophie, spécialiste des questions sur l'intelligence artificielle, très médiatisé et peu fidèle à son épouse.

Entre eux va naître une idylle. Bien sûr, il serait faux de dire qu'on ne s'y attendait pas. Mais le texte est très fin et ne tourne pas uniquement sur l'aspect sentimental, beaucoup de questions scientifiques sont également traitées avec intelligence.

pensée screte tof

 

Autre point fort de ce roman, il se prête excessivement bien  au théâtre. Peu de lieux, peu de personnages, deux protagonistes, qui se cherchent et polémiquent. Qui d'autre mieux que Gérald Sibleyras pouvait rendre aussi bien les mots de l'écrivain britannique? Il nous avait déjà habitué au jeu de la dualité avec son texte Une comédie romantique, jouée en 2010 au théâtre Montparnasse, avec Christophe Lidon comme metteur en scène. En 2008 déjà, même lieu, même metteur en scène avec la pièce Le banc.


Reconnaissons l'évidence, travailler avec Christophe Lidon promet un certain succès, lui qui n'hésite pas à mettre en scène plus de huit pièces de théâtre la même année.

 

Le choix des comédiens est tout autant important, là encore, Isabelle Carré dans le rôle d'Helen et Samuel Labarthe dans celui de Ralph assurent si ce n'est le triomphe, du moins une qualité de jeu assurée.

 

Rien à redire, le choix de l'équipe était bon. Les comédiens sont parfaits, la mise en scène mélange art visuel et décor contemporain avec beaucoup de facilité, la pièce est agréable.

 

M.D

 

 

 

Infos pratiques:


Théâtre Montparnasse
31 rue de la Gaîté 7

5014 PARIS

du mardi au samedi à 20h30 - matinée samedi à 17h30
Prix des places: 52€ (carré or) / 48€ /35€ / 18€

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:55

 

 

Le Théâtre Marigny

présente

Simpatico


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Jusqu'au 9 Juin 2012

 

De Sam Shepard

Adaptation de Didier Long et Séverine Vincent

Mise en scène de Didier Long

Avec: Emma de Caunes, Jean Claude Dauphin, Claire Nebout ,Serge Riaboukine,Vincent Winterhalter

 


 

       Didier Long n'est plus à présenter. Le metteur en scène d'Equus, c'est lui. La vie devant soi, lui aussi, deux pièces nominées au Molière du metteur en scène. C'est lui aussi en 2006 servant le texte fantastique d'August Strindberg, Mademoiselle Julie. A chaque fois, le ton est juste, percutant et marquant. De vrais moments, de ceux qui restent, dont on est capable six ans plus tard de raconter comme si nous avions vu la pièce la veille. Alors évidemment cette dernière pièce, Simpatico, suscite le questionnement. Va-t-elle être à la hauteur de nos espérances? Le casting est alléchant: Emma De Caunes, Serge Riaboukine, pour représenter un texte écrit en 1993 par l'acteur, scénariste et écrivain américain Sam Shepard. Déjà jouée à New York et à Londres, la pièce avait été un véritable succès. Son écriture a aussi inspiré le cinéma puisqu’en mai 2000, un film réalisé par Matthew Warchus est sorti sur nos écrans, avec Sharon Stone, Nick Nolte et Jeff Bridges dans les rôles principaux. Un film, une pièce de théâtre, les mots de Sam Shepard font écho. On se demande donc comment Didier Long va s'approprier cette histoire de vengeance, de manipulation , de volonté ,de domination.


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Vinnie et Carter ont été très proches auparavant. Ils ont baigné ensemble dans des petites combines de courses hippiques. Mais l'une d'elle n'a pas bien tourné et les deux hommes ne s'en sont pas tirés de la même manière. Carter a réussi à se refaire tandis que son compagnon Vinnie mène une vie dure, boit et bien qu'au chômage, ne cherche pas du tout de travail. Alors, quand celui-ci demande à Carter de venir le voir immédiatement, ce dernier saute dans un avion, convaincu d'un problème imminent, grave, sûrement. De là, commence un véritable thriller psychologique.


Le décor est très bien conçu, il permet de représenter trois lieux en un temps court. La chambre de Vinnie, (Vincent Winterhalter), le bureau de Simms, commissaire de courses (Jean Claude Dauphin) et la maison de Carter.

 

 

 

Serge Riaboukine joue un Carter nerveux, épuisé moralement et bientôt physiquement. Son corps au début si sûr de lui s'agite maintenant nerveusement, il tremble, doit s'asseoir. Vincent Winterhalter tout au contraire, donne de plus en plus d'assurance à son personnage instable. Le duo fonctionne donc vraiment. Emma de caunes en fille naîve plaira, quant à Jean Claude Dauphin, il est parfait dans le rôle de celui qui en sait un peu trop, en joue, sans état d'âme. Sa voix grave accentue le côté malin du personnage, n'importe qui aurait envie de lui faire confiance.


Je ne repars pourtant pas aussi convaincue que je l'aurais voulu, la faute unique au sujet, qui ne parviendra pas à me captiver. Pourtant, l'intensité montante du jeu des acteurs est à saluer, tout comme la scénographie.

M.D

 

 

 

Infos pratique:

 

Théâtre Marigny

Carré Marigny

75008 Paris

location: 01 53 96 70 30

www.theatremarigny.fr

du mardi au vendredi à 21h le samedi à 16h00 et 21h relâches les 1er et 8 mai

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:59

 

Le Théâtre des Mathurins

présente

Je ne serai pas au rendez vous

 

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De: Patricia Haute Pottier et Ladislas Chollat
Avec : Roger Dumas, Aurore Auteuil, Clémentine Poidatz, Nicolas Giraud
Metteur en scène et auteur: Ladislas Chollat

 


 

 

La pièce commence sur un monologue de Lukas, jeune homme toujours à l'heure, sans histoire, a priori très sage et déjà rangé. On le dirait  en fin de vie, en capitulation. Il essaye toujours de se comporter comme les autres le perçoivent,  même sa vie sentimentale est somme toute assez plate; toujours avec sa première rencontre ,il projette de se marier. Mais voilà, cette fois-ci, il ne sera pas au rendez vous, il veut prendre une pause, réfléchir.

Nora sa petite amie et future mariée, ne se doute de rien. Mais elle aussi, subit. Elle n'a pas décidé cette pause, elle va devoir faire avec, renoncer à ses projets, attendre.

Blanche, la meilleure amie de Lukas les aide, conseille mais s'oublie. Elle accepte de ne pas avoir de place dans une vie engagée sans elle. Toujours en retard, comédienne sans travail, elle laisse défiler les choses sans essayer de se les approprier.

Et puis, cette rencontre, incongrue pour l'une, incroyable pour certain, dérangeante aussi pour d'autres, va modifier toutes leur perceptions.

 

Devant cette histoire simple mais touchante, à l'écriture précise, on pense à une pièce autobiographique. «J’ai commencé à écrire Je ne serai pas au rendez-vous il y a plus de six ans. L’histoire est en partie la mienne et celle de ceux qui m’entouraient à cette période de ma vie. Période de virage. De changement d’axe. Période qui m’a permis de réconcilier l’enfant que j’étais avec l’adulte que je suis. De faire la part des choses entre celui qu’on voulait que je sois et celui que j’étais réellement.» écrit Ladislas Chollat sur le site internet du nom de la pièce.

 

Quand la lumière du Théâtre des Mathurins se rallume, on constate l'impact de la pièce. Beaucoup sont émus, à l'image de cette dame derrière moi, baissant la tête pour attraper un mouchoir dans son sac.

Ce qui est intéressant ici est l'effet de cinéma dans le théâtre. La mise en scène joue sur des images animées, la musique arrive à des moments clefs de la pièce, quand les sentiments sont forts, ce qui a la faculté de les exacerber. Tous les éléments du décor se déplacent facilement,rythmant le texte. Les comédiens sont parfaitement dans leur rôle, agréables à regarder, caricaturés un peu, mais comme il faut pour que le tout reste  sympathique. Il y a la bonne copine toujours en retard, le joli garçon (Nicolas Giraud joue un Lukas d'abord replié sur lui même, puis de plus en plus à l'aise), la fille trop docile, agaçante presque, et l'écrivain, interprété très justement par Roger Dumas.

Mais le tout reste subtile, il ne s'agit en rien d'une de ces pièces bon marché qui n'ont d'autre volonté que de nous distraire quelques instants. On retiendra le passage sur la procrastination, on aimera moins la fin, peut-être trop 'happy end'.



Un bon moment, joli et intelligent.

M.D

 

 

 

 

Infos pratiques:

 

Du mardi au samedi à 19 heures, et le dimanche à 15 heures
Théâtre des Mathurins

36 rue des Mathurins

75008 PARIS
réservation : 01 42 65 90 00

http://www.jeneseraipasaurendezvous.fr/

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 10:25

La Pépinière Théâtre

présente

Rose


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De Martin Sherman
Avec Judith Magre
Metteur en scène: Thierry Harcourt

 


  Au départ, une pièce de Martin Sherman, longue, 2h30, jouée au Théâtre National Londonien. Il y est question d’une femme, Rose, interprétée par Olympia Dukakis (ovationnée pour sa prestation), mis en scène par Nancy Meckler. Rose est une vieille femme au destin incroyable. Elle connait le ghetto de Varsovie, la naissance de l’état israélien, elle monte dans l’Exodus, le fameux bateau sous mandat britannique censé emmener les juifs rescapés de la Shoah jusqu’en Palestine, et sa vie se termine sur le conflit au Moyen-Orient. La pièce est en un seul acte, une vraie prestation pour le comédien.
C’est un succès, le texte fin et inquisiteur plaît aux spectateurs. L’histoire de Rose voyage alors en Amérique, rencontre le même triomphe et obtient en 2000, une nomination dans la catégorie « Meilleure nouvelle pièce » aux  Laurence Olivier Awards.

 Thierry Harcourt est dans la salle londonnienne ce soir-là, il découvre le texte de Martin Sherman, cet Américain vivant en Angleterre, et tombe sous le charme. Il décide alors de montrer cet acte en France,  de faire connaître Rose à notre capitale, en gardant l‘essence même du texte mais en le diminuant un peu. Il ne se demande pas longtemps qui interprétera cette femme pleine de tempérament. « Quand tu penses au texte et aux actrices qui pourraient le jouer: la première qui te vient à l’esprit, c’est Judith Magre.» La Pépinière Théâtre sera donc pour quelques mois le lieu qui entendra le destin de cette octogénaire survivante des horreurs humaines. judith-magre.jpg

Le décor est  sobre:  un banc, quelques livres, une carafe et un verre d’eau. C’est finalement ce qui est attendu, car le récit prend toute la place. Plus de meubles, d’objets sur les planches auraient pu étouffer le monologue. Quant au texte lui-même, il est  très plaisant tout en contenant des passages douloureux.
 Judith Magre en Rose est tout à fait crédible, à l’aise dans ce rôle. Certaines fois, le vocabulaire juif  laisse quelques spectateurs en retrait, faute de compréhension. Tout en admirant la comédienne, qui n'a plus à faire ses preuves, le texte peut dérouter, avec parfois un manque d'émotion. Mais au vu de certaines pièces bien pauvres intellectuellement, la prestation mérite amplement une soirée. 
M.D


Infos pratiques:


7 rue Louis Le Grand
75002 Paris
Du mardi au samedi à 19h, dimanche à 15h

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 19:28

 

 

Le Théâtre de la Ville

présente

Raoul


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jusqu'au 10 janvier.

 

Un spectacle mis en scène & interprété par James Thierrée,

Costumes: Victoria Thierrée

Son: Thomas Delot

Lumières: Jérôme Sabre

Scénographie: James Thierrée

Interventions scéniques: Mehdi Duman

Assistantes à la mise en scène: Laetitia Hélin et Sidonie Pigeon

Intervenants artistiques: Kaori Ito,Magnus Jakobsson,Bruno Fontaine

Volutes éléctriques de Matthieu Chedid

 


 

La salle du Théâtre est complète. Et pour cause, un spectacle de James Thierrée est toujours une réjouissance, un moment attendu, même quand il s’agit d’une reprise. Raoul a été crée en 2009, présenté au Théâtre de la ville dans les mêmes dates, avant de jeter ses voiles aux quatre coins du monde. Deux ans plus tard, il revient, s’installe au même endroit pour reprendre le personnage de Raoul pendant 13 jours. On se croirait revenu deux ans plus tôt : devant le théâtre, des individus stressés s’approchent de nous : « Vous n’avez pas une place en trop? Vous êtes sûrs ?» Le guichet n’est pas encore ouvert qu’une queue assez impressionnante se forme, de plus en plus longue, pour essayer d’obtenir le billet que son possesseur inconscient  aurait abandonné. Dans la file, chacun essaye de se renseigner : « Vous savez s’il reste des places ? Non ? Pourquoi  attendez-vous alors ? Des désistements ? Vous pensez que j’ai une chance d’en obtenir une ? » D’autres scrutent nerveusement l’horloge du théâtre, le spectacle commence dans 20 minutes. Je croise le visage du jongleur du cirque Romanès,mais aussi Charlotte Gainsbourg, Matthieu Chedid qui signe les volutes électriques du spectacle, des amis..on dirait qu’une partie de Paris s’est donnée rendez vous entre ces murs.

Raoul-©-Richard-Haughton-version-light1 

Raoul..un nom de baptême pas forcément très joli. James Thierrée n’en voulait pas au départ, mais le prénom lui serait sans cesse revenu, jusqu’à ce qu’il décide de l’adopter.

 

Ce spectacle est l'  histoire de cet homme, très seul, mais libre. Un peu schizophrène, dangereux pour lui-même, il apprend à s’accepter, à rencontrer autrui. Des animaux vont apparaître (toujours dans des costumes réalisés par sa mère, Victoria Chaplin) et permettre le lien entre son monde et l’autre. Bien sûr il y a de la danse, de la poésie,des transformations, effets devenus comme la marque de fabrique de la famille. Je pense à cette pieuvre réalisée en parapluie et draps fins se mouvant avec grâce, ou cette chaise retournée, devenant une bête dérangeante. Des monstres assez ressemblants, sont aussi retenus dans une autre salle parisienne,  celle du Théâtre du Rond-Point, où les parents de James Thierrée jouent en ce moment leur Cirque Invisible. Paris serait donc envahie de bestiaires ? Le cirque contemporain a en tout cas trouvé  sa place depuis quelques années maintenant et celui de James Thierrée continue de le confirmer.(le Nouveau cirque, l’art du cirque, renaît dans les années 1970 que ce soit avec Bartabas, Zavatta, pour devenir une véritable réalisation artistique)


Pendant 1h45, nous sommes totalement immergés dans son univers parfois inquiétant mais tellement fantastique . Et l’espoir clôt le spectacle, optimisme magique. 

Une belle façon de commencer l’année.

M.D

 

 

Infos pratiques:


Théâtre de la Ville
2 place du Châtelet

75004 Paris

Location 01.42.74.22.77

TARIF PLEIN
1ère catégorie 29€, 2ème catégorie 23€
JEUNE
1 seule catégorie 16€

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 16:40

Le Théâtre du rond point

présente

Le cirque invisible


Le Cirque invisible - Theatre du Rond-Point

 

du 21 décembre au 14 janvier à 21h

 

 

De et avec: Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée

 


  

     Raconter le Cirque Invisible relève de la gageure. Parce qu'il s'agit d'autre chose, d'un moment éphémère, mais complet émotionnellement. On s'en voudrait presque d'essayer d'y mettre des mots: tout n'est que ressenti et poésie. Ce n'est pas du cirque à proprement parlé, pas celui ponctué de numéros d'acrobaties ou de petits animaux. Et pourtant, il y en a, mais comme support d'impressions. Les chaises se font monstres, les tissus deviennent animaux aquatiques. Tout peut  être autre très rapidement . Nous pensons au spectacle de leur fils James Thierrée Au revoir parapluie, dans lequel la chaise longue se fait  dangereusement vivante et les draps légers de plus en plus inquiétants. Cette corrélation d'idées n'est pas surprenante. James Thierrée participe longtemps au Cirque Invisible quand sa mère victoria CHAPLIN lui confectionne encore ses costumes dans ses créations personnelles, comme en ce moment au Théâtre de la ville avec son spectacle créé en 2009, Raoul. La Symphonie du hanneton produit en 1998, reçoit quatre Molières en 2006 dont un pour la beauté des costumes  .

cirque-invisible

 

Ici, le temps passe mais le couple Chaplin-Thierrée semble bien s'en moquer. Elle évolue sur la corde  avec un corps qui n'inscrit pas d'âge et lui nous amuse avec un humour intemporelle. Elle joue de la musique avec des verres et plats en métal, il nous présente des tours de magies à la difficulté assez éparse. Le décor se transforme rapidement, juste le temps de changer de personnage.


 Il n'est pas question de produire coûte que coûte, la sortie annuelle n'est pas de rigueur. Oui, le Cirque Invisible a déjà été joué, la première fois en 2007, ici même, au Théâtre du Rond Point. Mais depuis, il s'affine, s'améliore. Parce qu'un spectacle peut toujours mieux faire, évoluer encore et encore. Le couple le sait bien, en trente ans on peut leur compter trois créations: le Cirque Bonjour, le Cirque Imaginaire et ce dernier, le Cirque Invisible.


Ce rejet de production rapide est incontestablement une force. Le couple devient une référence. Moment magique, onirique,surréaliste, drôle et décalé.  Hors norme, donc rare. A voir impérativement, avec ou sans enfant.


M.D

 

 

Infos pratique:

 

relâche les lundis et les dimanches

représentation supplémentaire le dimanche 8 janvier à15h

représentation du samedi 31 décembre . 18H30

 

Théâtre du Rond-Point - salle Renaud-Barrault (745 places)

plein tarif salle Renaud-Barrault 34.

 

tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 20 euros / plus de 60 ans 25 euros

demandeurs d’emploi 16. / moins de 30 ans 14euros / carte imagine R 10euros

r.servations 01 44 95 98 21 - www.theatredurondpoint.fr - www.fnac.com

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 18:44

Le Théâtre du Vieux-Colombier

présente

 

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La Noce

jusqu'au 1er Janvier 2012

 

 

De Bertolt Brecht

Avec:Véronique Vella, Cécile Brune, Sylvia Bergé ,Nazim Boudjenah , Marie-Sophie Ferdane ,Stéphane Varupenne , Nâzim Boudjenah, Félicien Juttner , Elliot Jenicot

Mise en scène par: Isabel Osthues

 


 

 

 

La Noce chez les petits bourgeois est la deuxième pièce écrite par Bertolt Brecht. Nous sommes en 1919, il a 21 ans. Son jeune âge n'a jamais été un frein à son travail d'écriture, puisque son premier texte avait déjà été publié lors de ses 16 ans. Précoce donc.

En 1918, le jeune homme servait au front en tant qu'infirmier et écrivait l'histoire tragique d'un jeune poète perdu dans l'alcool et le sexe. (évidemment on pense à Arthur Rimbaud). Un an plus tard, de retour du front, on pouvait se demander ce qu'il allait écrire. Quelque chose de triste surement, la guerre ne donne pas de pensées euphorisantes.

 

Son auteur s'est ouvertement inspiré du sketche de huit minutes de son ami Karl Valentin, sorte de Charlie Chaplin allemand, comédien, réalisateur, cabaretiste et producteur . On pourrait donc reprocher à Bertolt Brecht d'avoir plagié son compagnon ou manqué d'imagination, mais il faut bien convenir que son œuvre reste très différente même si la trame est semblable. Cette Noce empruntée du Mariage de Karl Valentin est certes grinçante, un jeune couple fête son mariage, très mal entouré d'amis illusoires, mais elle n'est pas morne. Le sujet est même plutôt drôle, parce que terrible. Ils s'aiment, ils veulent une jolie soirée mais au fur et à mesure des heures achevées, l'atmosphère se profile de plus en plus lourde, empoisonnée. Le père de la mariée est vulgaire avec ses anecdotes mortuaires, le meilleur ami du marié se perd en chansons grivoises embarrassantes quand la meilleure amie de la mariée boit trop, trop vite et se permet des réflexions bien déplacées. lanoce.jpg

 

Le décor tout en bois, choisi par Isabel Osthues se module parfaitement avec les mots des comédiens. Les chaises tombent, les pieds de la table se cassent, elle se renverse, exactement comme cette soirée nuptiale. L'idée de dessiner directement certains objets ou meubles, comme cette armoire, sur les murs en bois donne un côté poétique à la scénographie. Les costumes sont également très justes, comme la simple robe de mariée, cachant mal une honte grandissante. Détail non négligeable, le voile de cette dernière est fait avec le même tissu que les rideaux accrochés aux fenêtres. L'idée étant bien sûr de rappeler les difficultés financières dans lesquelles est plongé le jeune couple et le peu de compassion des invités qui n'hésitent pas au contraire, à leur faire comprendre qu'ils 'savent'.

 

Une salle de théâtre superbe et tellement agréable, de jolis costumes, une belle réalisation, un texte intéressant.. la pièce pourrait être une énorme réussite . Pourtant Marie-Sophie Ferdane, la mariée,qui est comme à son habitude, excellente,pourra déplaire à certains spectateurs en raison d'un jeu un peu forcé volontairement, aux geste amplifiés comme dans un film muet. Même critique pour Nazim Boudjenah , en petit Charlie Chaplin simplifié.

 

Alors il faut bien l'avouer, quelque chose manque à ce repas de noce, à notre grande déception.

 

M.D

 

 

 

Infos pratiques:

 

21 rue du Vieux-Colombier
75006 Paris 6e

Réservation : 01.44.39.87.00 lun au sam 11h-18h

Site web : www.comedie-française.fr

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 10:13

 

Le Théâtre du Lucernaire

présente

VAN GOGH  AUTOPORTRAIT

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De et par Jean O’COTTRELL
Textes de Vincent van Gogh et d'Antonin Artaud

Compagnon artistique : François CHATTOT

Musique : Jean-Marie SENIA


 

 


 

"Il faut aimer Vincent Van Gogh et honorer toujours sa mémoire, parce que , celui-là, fut véritablement un grand et pur artiste."O.Mirbeau,Vincent Van Gogh, Le Journal,17 mars 1901.


 

Théâtre du Lucernaire, un mercredi soir. Dans quelques minutes, il sera 21h. Nous arrivons devant un petit escalier en colimaçon, qui nous emmène au « Paradis ». Cette petite salle feutrée porte bien son nom. Parmi une dizaine de spectateurs, nous sommes plongés dans la semi-obscurité. La scène, quant à elle, est baignée d’une lumière jaune orangée. Idéal pour une rencontre avec l’artiste. Van Gogh est là, il nous attend, assis, la tête entre ses mains. On pense au Vieil homme pleurant (1882)


Plus qu’une incarnation, L’acteur et metteur en scène, O’Cottrell, est Van Gogh, tant physiquement, cela en est troublant, que mentalement. On le voit, on l’écoute et on y croit.

Cette pièce a été crée en 1976. Depuis, Jean O' Cottrell a eu le temps de paufiner son jeu et de le rendre on ne peut plus crédible. Ce temps passé est donc ici une vraie chance car il tend à la perfection du jeu.

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La mise en scène est minimaliste, tous les objets présents sur scène ont un rôle à jouer : le chevalet, la bougie, la peinture. ici, l'homme se confie à son frère Théo mais pas seulement. Ses lettres sont tellement universelles qu'elles ne peuvent s'arrêter à ces deux individus, allant bien au delà. Les thèmes abordés sont bien trop profonds pour être limités.


Tout l'intérêt de la pièce se situe dans la configuration de cette mise en scène, le tryptique entre Vincent, l'acteur jouant le peintre et les spectateurs. Il permet d'être au coeur de la vie de cet artiste et de ne pas s'arrêter à ce que nous connaissons déjà. On (re)découvre alors que le peintre n'était pas fou, mais bien un artiste passionné, trop exigent avec lui même, en permanence dangereusement insatisfait, rongé par la syphilis et sa vie de bohème. Nous constatons ses talents littéraires, la difficulté de sa vie.

  

Il est interessant de voir à quel point la vie de cet homme suscite encore et toujours une envie de le raconter, d'écrire sur lui, plus que tout autre peintre. En 1942 plus de 777 études avaient déjà été publiées depuis 1890. Sa vie mystérieuse, ses choix pas toujours évidents, interrogent. "Il y a dans tout dément un génie incompris dont l'idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n'a pas pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparés la vie."*écrit Antonin Artaud à son sujet.

 

Le Théâtre du Lucernaire propose une interpretation différente de la vie tourmentée de cet homme voulant être pasteur avant d'être peintre, se servant des couleurs pour continuer à vivre, essayer d'être aimé et qui devra attendre sa mort pour devenir un des peintre les plus connu et reconnu dans le monde.

S.D et M.D

Infos pratiques:


Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre-Dame des champs
75006 Paris.

01 45 44 57 34

 

 Du mardi au samedi à 21 heures

Durée: 1 heure 10

 

* A. Artaud, Van Gogh le sucidé de la société.

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 11:04

 

 

Le Théâtre Marigny

présente

L’Ouest solitaire


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Auteur : Martin Mc Donagh
Metteur en scène :  Ladislas Chollat
Artiste : Elsa Rozenknop , Dominique Pinon , Bruno Solo , Pierre Berriau

 


 

 

Le Théâtre Marigny propose une pièce de théâtre au titre mystérieux, L’ouest solitaire. Son auteur, Martin Mc Donagh, ne vous évoque peut-être rien dans l’immédiat, c’est pourtant lui le réalisateur du film Bons baisers de Bruges, primé au Festival du film de Sundance. En tant que dramaturge, son travail est moins connu du public français, il s’agit donc ce soir d’une véritable découverte. Bruno Solo et Dominique Pinon jouent deux frères perdus dans une petite maison du nord-ouest de l’Irlande.Les deux hommes sont constamment en train de se provoquer, d’essayer de se blesser moralement dans de petites actions infantiles. L’un s’en prend aux statues religieuses de l’autre, le deuxième se venge en étant médiocrement pingre. louest parisien photo


Cela aurait pu être une pièce très noire et oppressante, il n’en est rien. Le texte est vraiment drôle et le public rit, souvent malgré lui et presque honteusement, des petites perversités du couple. Jusqu’où vont-ils aller ? Nous apprenons petit à petit toutes les souffrances endurées par leurs  jeux cruels, pourront-ils  se pardonner un jour ? Est-ce seulement possible après tant de méchancetés ?


Bruno Solo possède tellement  son personnage de vieux garçon un peu gauche, trop embrouillé dans ses problèmes, il en est méconnaissable. La prestation de Dominique Pinon est parfaite, comme à son habitude: il crie, impressionne par sa méchanceté et sa haine  pour son frère, celle-ci bien proche cependant, dans son excessivité,de l'amour. Les mots sont intransigeants, violents, comme leurs rapports.


La mise en scène de Ladislas Chollat est également très réussie, une table rustique en bois, brute comme les deux hommes, une étagère où sont rangées les statuettes du collectionneur et des marches permettant aux comédiens d’avancer avec sûreté entre tragédie et comique.

S’il vous fallait faire un choix théâtral, ne passez pas à côté de cette pièce à l’humour noir et raffiné.


M.D


Infos pratiques:

 

Marigny - Salle Popesco
Avenue de Marigny,  

75008  Paris

Du mardi au samedi à 21h, samedi  17h.

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