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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 11:02


Le Théâtre Montparnasse présente

La vérité


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de Florian Zeller


Avec : Pierre ARDITI , Fanny COTTENÇON, Patrice KERBRAT, Christiane MILLET

Mise en scène : Patrice KERBRAT
Décor : Edouard LAUG
Lumières : Laurent BEAL

Son : Michel WINOGRADOFF



 

Evidemment, la dernière pièce du médiatique Florian Zeller* était très attendue. Après La Mère  joué en 2010 au Théâtre de l’œuvre et bizarrement encensé par la presse, l’écrivain s’attaque à un tout autre registre,celui plus léger du quatuor habituel à tout vaudeville : maris et femmes pour les uns, amants pour les autres. Mais l'auteur place au centre un homme, Michel (joué par Pierre Arditi),  simple pion survolté et manipulé qui permettra à la pièce de ne pas tomber dans le simple boulevard.


Même si les ficelles sont assez grosses, même si nous sommes loin des premières pièces plus graves et plus fortes comme Si tu mourais en 2006, la pièce est amusante et divertissante. Si tel était le but de Florian Zeller, il a alors parfaitement réussi. En choisissant  Pierre Arditi, il prenait peu de risque. Déjà reconnu et apprécié du public, nous le  retrouvons avec plaisir dans ce personnage de mauvaise foi, à l’égoïsme saisissant. Christiane Millet en femme trompée mais trompant tient parfaitement son double rôle, et nous sourions devant la naïveté de son mari.


Le décor d'Edouard Laug est installé sur un socle rotatif, donnant un côté très vivant au rythme de la pièce. (Ce système revient dans des mises en scène  récentes : Le mariage de Figaro à la Comédie française ou encore Le donneur de bain au théâtre Marigny)


Une pièce bien jouée, légère et sympathique qui ne demande que peu de réflexion, parfaite après une dure journée ou pour un moment de détente , et qui grâce à la finesse de Pierre Arditi surtout, frôle avec les limites du vaudeville, heureusement sans jamais les atteindre.


 

Infos pratiques :


du mardi au samedi  à 21h,matinées : samedi à 18h et dimanche à 15h30

 Théâtre Montparnasse

 31 rue de la Gaîté

75014 PARIS 


N.B: Florian Zeller écrivain français né en 1979 se fait connaitre en 2004 avec le prix interallié pour son livre La fascination du pire. Il obtient en 2006 le prix Jeune théâtre de l'Académie française avec sa pièce Si tu mourais.


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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 10:49

Le Théâtre de la Madeleine

présente

Diplomatie

diplomatie-image.jpg

depuis le 18 janvier 2011

 


De Cyril Gely
Avec : André Dussollier, Niels Arestrup,Mise en scène de Stephan Meldegg,Conseillère artistique: Béatrice Agenin ,Décors :Stéphanie Jarre,Costumes : Véronique Périer ,Lumière: Roberto Venturi ,Son: Michel Winogradoff



 

Au 25 aout 1944, pendant que les parisiens dorment encore, une menace pèse sur eux. Leur capitale va disparaître, minée par un nombre impressionnant d’explosifs. La gare Saint Lazare, la gare de l’Est, Notre dame de Paris, l’Hôtel de ville, il ne restera plus rien. Cet ordre fou  émane d’un Adolf Hitler qui se sait perdu, la défaite est imminente, il faut tenter le tout pour le tout, Paris ne peut rester intacte. Le général nazi, Dietrich von Choltitz,(Niels Arestup)dévoué corps et âme à sa cause, est chargé de cette organisation sanglante. Nous sommes quelques heures avant son geste criminel, rien n’est encore fait. Raoul Nordling (André Dussollier), Consul général de Suède à Paris, se rend dans les appartements du général et va tout faire pour empêcher ce crime.


La réussite incontestable de cette pièce tient bien sûr au jeu parfait des deux comédiens, interprétant très justement  le texte et donnant beaucoup d’humanité aux deux personnages. Il n’y a plus de gentil ou de méchant, de résistants ou de nazi. Niels Arestup campe ce militaire en proie à sa conscience : faire sauter Paris, tuer des millions d’anonymes ou refuser d’obéir et savoir que trois personnes périront, sa femme et ses deux enfants. Il se lève, se fâche, transpire, réfléchit, que faire ? André Dussolier en  diplomate, plus calme, doit le faire changer d’avis.  Il peut l’aider, il existe certainement un arrangement, discutons-en. Nous devinons sa peur d’échouer.

 Le décor de Stephanie Jarre conditionne le spectateur.Dans un bel appartement parisien, les drapeaux nazis flottent en arrière-plan d’un Paris, à l'aurore. L’idée de les faire descendre devant les spectateurs permet de se situer dans cette période historique et d’être au cœur-même de la pièce, peut-être encore plus rapidement que si le décor était déjà totalement posé.


La mise en scène de Stéphan Meldegg* (adaptateur, comédien et metteur en scène du théâtre privé français, certainement  un des plus récompensés) a ceci d’intéressant qu’il  réussit à faire jouer les sentiments. Les hommes sont continuellement côte à côte et, pourtant, leurs intérêts divergeants sont palpables.

Cette pièce est sans doute un des grands succès de cette saison et je serais fortement surprise si elle  n’obtenait pas quelques Molières.

M.D

 


Infos pratiques :

Du mardi au samedi à 21h
matinées : samedi 18h et dimanche 15h

De 15 à 40 euros.

Théâtre de la Madeleine,

19 rue de Surenes

75008 paris

 

* Stéphan Meldegg(1937) a dirigé le Théâtre La bruyère pendant 25 ans. Nous lui devons la mise en scène de Cuisine et dépendances en 1991 ou encore en 2003, celle de la très belle pièce Des cailloux pleins les poches.

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 09:37

Le Théâtre Herbertot

présente


Toutou


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Depuis le 14 janvier 2011

 

 

 

Une comédie de Agnès et Daniel Besse
Mise en scène de  Anne Bourgeois
Avec Patrick Chesnais, Sam Karmann, Josiane Stoleru


 



 

          En 2009, Anne Bourgeois, metteur en scène, présentait  Cochons d’Inde* au Théâtre Hebertot. Nous y retrouvions déjà Patrick Chesnais, qui avait obtenu un Molière pour sa prestation, et Josiane Stoleru, nominée pour le Molière de la comédienne dans un second rôle .



Deux ans plus tard, même théâtre, même metteur en scène et mêmes comédiens pour la pièce d’Agnès et Daniel Besse, Toutou.

Patrick Chesnais et  Josiane Stoleru incarnent un couple de parisien aisés, à la vie apparemment bien ordonnée. Ils ont un animal de compagnie, un gros chien gris ou jaune selon l’interlocuteur, que le mari va perdre lors de sa promenade habituelle.

Arrive leur ami principal, le comédien Sam Karmann. Là encore, nous ne sommes pas surpris de le retrouver à leurs côtés. Réalisateur et acteur français, nous avons pu le voir jouer dans Hiver 54 (1989), La cité de la peur (1994), Le goût des autres (2000). Il réalise en 2003 A la petite semaine, film dans lequel joue…Josiane Stoleru !



Metteurs en scène et comédiens se connaissent déjà, nous attendons donc une pièce drôle et intime.


Pendant 1h40 le couple va se critiquer, se détester, faire tomber les convenances et les secrets. Le ton est juste, les répliques amusantes et la présence de l'ami intime rajoute du piment à l'intrigue.

La pièce comporte peut-être quelques longueurs mais jamais jusqu'à s’ennuyer.

Le décor est agréable; il s’agit d’un appartement parisien décoré avec soin  et bien utilisé.


Si le texte ne dénonce rien de bien nouveau, il reste sympathique. Le spectateur est plongé dans un huis clos provoqué par la disparition du chien familial. Nous apprenons que le couple faisait de l'humanitaire avant de  se  retrouver dans ce petit quotidien confortable, ils se seraient même rencontrés de cette façon. Nous sourions donc facilement en constatant la dégradation de leur idéologie. De quoi faire réfléchir...

 

M.D

 

 

 


 

N.B : Cochons d’Inde est une pièce de Théâtre crée en 2008 par  Sébastien Thiéry ; comédien et auteur dramatique français ;  joué à L'Avant-scène théâtre. Elle obtient le Molière de la meilleure pièce comique en 2009 ainsi qu’une nomination pour le Molière de l'auteur francophone vivant. Anne Bourgeois en est le metteur en scène dès sa création.

 

 

 


Infos pratiques :  THEATRE HEBERTOT
78 Bis Bd des Batignolles

75017 Paris

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 18:53

Le Théâtre de Paris

présente

 

la-mere.jpg

La mère

 

Auteur : Florian Zeller

Acteurs : Catherine Hiegel, Clément Sibony ,Jean-Yves Chatelais , Olivia Bonamy

Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo
Décor et lumières : Yves Bernard
Musique : Etienne Bonhomme

 

 


 

    Il n’est pas évident de résumer cette pièce qui devient de plus en plus dense au fur et à mesure de son déroulement. Essayons tout de même. Une femme n’aime plus son mari ou peut être encore un peu. Lui ne reste avec elle que par habitude et parce qu’elle est dépressive. Il la trompe. Elle doit probablement s'en douter. Ils ont eu un fils ensemble mais celui–ci a grandi, il vient moins souvent. C’est un déchirement pour celle qui l’a mis au monde. Elle ne comprend pas pourquoi il n’appelle pas et concentre toutes ses pensées sur lui.  


A partir de là, les scènes sont jouées en double.


Deux personnalités propres se créent chez la mère, provoquant autour d’elle des réactions différentes. Le mari inquiet de voir son épouse tomber de plus en plus dans la dépression; elle, malade de tristesse parce que oubliée, trahie des siens et ce fils qui décide de rentrer un soir, suite à une dispute avec sa compagne.  Elle croit pouvoir renaître, parce que finalement, elle est née en même temps que lui. La vie de son fils est toujours reliée à son ventre. Mais elle le sait, il ne restera pas, il repartira. Alors elle tombe doucement, elle se noie dans l’alcool, provoque des délires solitaires.


Et puis il y a l’autre, moins agressive mais peu dupe aussi. Celle-ci souffre plus silencieusement. Mais quand son fils revient cette nuit là, il n’y a plus que lui. Est-il réellement dans la chambre ? Pourquoi n’avait-il pas appelé plus tôt ? Son mari est dépassé, il ne sait que lui répondre.


La mise en scène très épurée, très blafarde, provoque rapidement un certain malaise chez le spectateur. Comme si nous allions apprendre trop vite la vérité que nous devinons sale, triste et sans espoir. Les comédiens sont exceptionnels surtout Catherine Hiegel en mère adorante et prête à tout ou Jean-Yves Chatelais le fils adulé, conscient de cet amour et prisonnier de lui.

 

Si cette dualité dans le jeu n’est pas toujours très claire quoique  originale, le fond du sujet vibre de sincérité.

Nous retrouvons des thèmes chers à florian Zeller, l'absence, la mort et l'amour trahi, flétri.

 

Infos pratiques :

Du mardi au samedi à 21h
Samedi à 18h
Dimanche à 16h

38 à 30 euros

Théâtre de Paris
Petit Théâtre de Paris

15, rue Blanche
75009 Paris 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 11:32

La Pépinière théâtre

présente

Franchise postale

franchise-postale.jpgJusqu'au 31 décembre 2010

 

 

Textes de Christophe Duthuron et Pierre Richard

En alternance: Christophe Defays contrebassiste et Olivier Defays saxophoniste

Mise en scène de Christophe Duthuron

Décor: Bernard Fau

 


 

Que pouvait donner la deuxième collaboration entre Christophe Duthuron et Pierre Richard?  J'avais entendu un peu de tout sur cette pièce. Des critiques élogieuses comme d'autres moins plaisantes. Je me suis donc rendue au théâtre avec quelques appréhensions. Première reflexion, la salle est noire de monde, plus aucun fauteuil de libre. Je n'en suis pas  étonnée, le "grand blond" est un peu un mythe.

 

Pas de lever de rideau pour la scène d'ouverture, Pierre Richard apparait simplement sur les planches. Cela colle bien à l'image que l'on se fait de lui, sans artifice.

franchise-postale510-france-culture anne-gayan


Pendant plus d'une heure, il va lire les lettres de ses fans et les réponses qu'il leur a apportées, nous raconter des situations cocasses et surtout nous faire rire.

Tout serait véridique selon ses dires.Surtout inspirés, nous parvenons très facilement à nous imaginer les personnages ou les lieux des situations. Les mots sont fins, joués sans fausse note et l'esprit décalé de la pièce est très agréable. 


Pierre Richard n'est pas seul sur scène, un contrebassiste(Christophe Defays) l'accompagne en alternance avec un saxophoniste(Olivier Defays). Cette dualité lui permet de rajouter quelques anecdotes, de parler de Brassens toujours là pour les copains, du Mime Marceau et sa rage de dent ou de Charles Aznavour et son écharpe prise pour une serviette.

 


La pièce est vraiment une réussite. Le décor savamment désordonné rajoute à cet esprit brouillon, comme si le comédien retrouvait vraiment ces souvenirs à la lecture de ces lettres.Pierre Richard est toujours aussi attachant en rêveur intelligent et désorganisé.

Il y a toujours beaucoup de pièces de théâtre jouées sur Paris mais celle-ci doit faire partie de vos priorités.

 

 

M.D

 

 

 

 

Infos pratiques:

Pépinière Théâtre

7 rue Louis le grand

75002 Paris

1h30

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 10:31

Le Théâtre de la Pépinière présente

Les amis du placard

 

Les-Amis-Du-Placard_theatre_fiche_spectacle_une.jpgde Gabor Rassov

 
Avec Didier Bénureau, Romane Bohringer, Alienor Marcadé-Séchan,Matthieu Rozé
Mise en scène de Pierre Pradinas




 Jacques et Odile décident d'acheter un couple d'amis, Guy et Juliette, pour occuper leur soirée.
 Un de leurs meilleurs achats, considèrent-ils. Et le pauvre couple se voit contraint de dormir dans le placard, de répondre aux moindres demandes de ces deux individus aux défauts insupportables.
 Ils se servent des verres sans jamais en proposer, mangent pour eux, ne parlent que de leur faux exploits ou de leur grande intelligence.Ils ne pensent jamais aux autres et encore moins à leurs amis puisque ceux-ci n'en portent que le nom.
 Le couple acheté devient très vite une façon d'assouvir leur instinct,d'exister aussi au travers d'un discours orchestré à la lettre et dont la flatterie est le maitre mot.
 Mais l'effet de nouveauté passé, est- ce que cet achat était vraiment
 intéressant?
 Une vraie angoisse ressort de cette pièce de théâtre. Un côté drôle aussi
 mais le despotisme de Jacques et Odile inquiète vite. Jusqu'où pourraient-ils aller?

amis-placard.jpgNe voient-ils pas l'état de nervosité des "achetés?"
 Aliénor Marcadé-Sechan(juliette) et Matthieu Rozé (Guy) décrivent très bien ce stress palpable.
 S'ils ne plaisent plus, où finiront-ils? Cet appartement est celui de leur dernière chance.
 Romane Bohringer en une sotte Odile dominée par son mari amène le sourire ,tentant de citer quelques noms d'auteurs fameux.
 Quant à Jacques(Didier Benureau) c'est incontestablement celui qui emporte la pièce, lui donnant un vrai dynamisme, une folie aussi.

 


 C'est la neuvième pièce de Gabor Rassov que Pierre Pradinas met en scène
 ici. Aucun acteur n'est jamais très longtemps statique,dans une volonté d'énergie et de dépassement du cadre théâtral conventionnel . Avec la projection d' une vidéo, nous tomberons un cours instant dans une ambiance
 polar. Un spectacle très vivant mais qui pourtant, suscite un certain partage à la sortie de la représentation.
 Certains lui trouvent une fin trop facile, trop attendue et regrettent le fil conducteur un peu léger.
 D'autres ont apprécié ce côté décalé et la vivacité des comédiens.

 
 M.D

 

 


 Infos pratiques:


 7 rue Louis le Grand
 75002 Paris
 www.theatrelapepinière.com


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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:20

Le Théâtre Marigny présente
L’Amant


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                                                              Jusqu'au 2 janvier 2011.



Une pièce d’Harold Pinter
Mise en scène Didier Long
Traduction Gérard Watkins
Collaboration artistique Anne Rotenberg
Décors Jean-Michel Adam
Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Lumières Laurent Béal
Musiques François Peyrony
Comédiens Léa Drucker & Pierre Cassignard & Jeoffrey Bourdenet

 


 

     Harold Pinter s'intéresse comme souvent au sentiment amoureux et destructeur. 

 

Avec cette pièce écrite en 1962, il nous livre la vision d'un homme et d'une femme, ensemble depuis longtemps , avec leurs habitudes bien définies, leurs rituels communs et leur folie.
Ils se lèvent, l'un fait son café pendant que l'autre est à l'évier,qui se prépare son jus d'orange pendant que le premier va à l'évier.


L'homme part au travail et s'interroge. Est-ce que ton amant vient aujourd'hui? la phrase surprend. il accepte donc que sa femme entretienne une relation avec quelqu'un d'autre?
il n'a pas l'air gené  par la réponse positive de la femme et sa recommandation: ne pas revenir trop tôt.

Fin de journée, le mari rentre.amant image
Leur rituel reprend teinté d'une interrogation: as- tu passé une bonne journée? Est-il venu?


Le spectateur s'interroge: comment fait- il pour ne pas être jaloux?

 

Sa femme lui sert un plat froid, elle n'a pas eu le temps de cuisiner, trop occupée.
Il revient demain, lui annonce-t-elle. Encore? Oui, encore. Et le lendemain, même journée mais le spectateur découvrira cet amant.

 

 

Il faut aller voir la pièce pour comprendre alors le véritable choc qu'apportera la vision de cet homme, entrant dans l'appartement et servant leurs fantasmes communs.


C'est à ce moment précis que le spectateur sera totalement et irrémédiablement désorienté.

De cette absence de repère , la pièce prendra tout son intérêt. Les comédiens jouent parfaitement toute cette ambivalence.


Impossible ,en quittant le théâtre Marigny, de ne pas discuter du texte, de ne pas raconter sa trame pour avoir un avis supplémentaire.


Qui est amant de qui, et surtout pourquoi un tel besoin?

La pièce est riche d'interrogations et d'intelligence. Sûrement une des meilleurs pièces de la rentrée théâtrale, grâce au jeu des trois comédiens.


M.D

 

 

Infos pratiques:

Théâtre Marigny
Carré Marigny
75008 paris
01 53 96 70 30
01 53 96 70 31

du 10 septembre 2010 au 2 janvier 2011
du mardi au samedi à 21h, matinée samedi 16h
tarifs : 45€ / 35€ / 25€
(hors frais de location)

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 10:59

Le Théâtre du Lucernaire présente

Trahisons

de Harold Pinter

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                                                              Jusqu'au 31 octobre 2010

 

 

Auteur : Harold Pinter
Mise en scène : Mitch Hooper assisté de Pauline Klein
Avec : Alexis Victor en alternance d'Anatole de Bodinat, Delphine Lalizout, Sacha Petronijevic, Hervé Masquelier et Rodolphe Delalaine en alternance.

 



    2 Chaises, un lit et une table pour servir un texte  sombre sur les rapports humains.


Un couple d'anciens amants se retrouve dans un café. De là, ressurgissent des souvenirs communs: leur première rencontre en présence même de leur conjoint réciproque ou l'achat de cet appartement ,soigneusement dissimulé aux autres..Les deux personnages principaux arrivent très bien à nous communiquer un certain malaise, rendu plus palpable encore par le silence entre les mots.


Il existe en effet un côté très dérangeant pour le spectateur puisque celui-ci est mis au coeur de cette liaison et de plus , il sait qui arrange la réalité et qui se cache derrière.trahisons

Lorsque les amants s'embrassent pour la première fois, ils le font dans la maison de la femme, avec la présence imminente du mari. Une certaine tristesse se dégage, comme si ces deux individus s'étaient ratés.


Pourquoi n'ont-ils jamais voulu divorcer pour vivre ensemble? Ils ont l'air incompris de leur conjoint et s'entendent si bien ensemble. Peut-être par lâcheté. A moins que leur amour soit attisé par un côté adultérien. Qui trahissent- ils vraiment? Leur conjoint? Eux-mêmes? Et peut-on utiliser ce vocabulaire si les conjoints trompés sont au courant de cette union?

 



Cette pièce écrite en 1978 serait liée à la relation qu'aurait entretenu Harold Pinter, déjà marié, avec la présentatrice de télévision Joan Bakewell.*

  Le texte invite à la  réflexion, comme toujours avec Pinter ,et  longtemps après être sorti du théâtre. Si d'excellents comédiens le servent, tels Alexis Victor et Delphine Lalizout, l'impact en est encore plus grand.

 

M.D

 

 

 

 

 

 

infos pratiques:

 

Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre-Dame-Des-Champs

75006 Paris

 

Du mardi au samedi à 20h

Les dimanches à 17h

 

*source Wikipedia

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 18:19

Le Théâtre de la Madeleine

présente

Nono de Sacha Guitry

 

Nono-au-Theatre-de-la-Madeleine_reference.jpg

 

jusqu’au 31 decembre 2010


Comédien : Julie Depardieu ,Michel Fau, Xavier Gallais, Brigitte Catillon , Sissi Duparc, Roland Menou, Davy Vetter 

Mise en scène : Michel Fau
Costumes : David Belugou
Décors : Bernard Fau,
Lumière : Joël Fabing
Maquillages : Pascale Fau

   


 

Nous connaissons tous le nombre impressionnant de pièces écrites par Sacha Guitry (1885-1957) tout au long de sa carrière.

Pour le théâtre de la Madeleine, ce n’est pas moins de 24 pièces qu’il créera entre 1930 et 1942. Nono a d’abord été joué au Théâtre des Mathurins en 1905, pour être repris au Théâtre de la Madeleine en 1931.  80 ans plus tard, Julie Depardieu succède à Yvonne Printemps dans le rôle de prostituée luxueuse,  se réservant à  l’homme qui ne regarde pas à la dépense.

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Elle n'apprécie que le confortable, le brillant la rassure et la poésie l’ennuie, futile. Tous les hommes la courtisent puisqu’elle est belle. Elle n’a  de soucis que de toujours bien s’entourer, et garder celui qui pourra l’entretenir. En réalité, le sujet est  toujours contemporain ! Ne sont pas rares les femmes aux idées calculées selon les moyens de leur  conjoint, au corps toujours disponible pour assouvir leur besoin grandissant de pouvoir et à l’apparence sublime telle Nono.Celle-ci n’a pas jeté son dévolu sur le plus grand fonctionnaire de notre pays mais son amant la contente parfaitement. Evidemment ,quand ce dernier vient  lui présenter son meilleur ami  fortuné, elle hésite très peu, pour finalement changer d’homme.  Alors la comédie n’est plus loin. Le texte  subtile fait que  nous ne tombons jamais dans les ficelles souvent épaisses du vaudeville.  Si la pièce est un peu moins connue que d’autres, nous reconnaissons  certaines répliques cinglantes : « Paie les femmes tandis que tu es jeune, tu t’apercevras moins vite que tu vieillis.. » 

Incroyable de penser que son auteur n’avait alors que 19 ans ! Michel Fau  joue le rôle à sa manière, celle que l’on aime chez lui. Mots détachés, appuyés et cadence parfaite pour  celui qui est prêt à trahir son meilleur ami au nom d’une envie, d’un plaisir.

Les décors sont parfaits, les seconds rôles aussi bons que les premiers..que dire si ce n’est qu’il s’agit d’une réussite ?

 

M.D

Informations pratiques :

Théâtre de la Madeleine

19 rue de Surène

75008 Paris

www.theatremadeleine.com

du mardi au samedi à 21h
matinées le dimanche à 15hDe 15 à 42 euros.
10€ pour les -26 ans : mardi, mercredi et jeudi.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 15:31

 

 

Le Théâtre du Lucernaire présente

La leçon


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Jusqu’au 11 septembre 2010


De Eugène Ionesco

Mise en scène de Samuel Sené
Avec en alternance Christian Bujeau et Jacques Verzier, Claire Baradat et en alternance Isabelle Ferron et Marie-France Santon.

Interview de Samuel Sené

 


 

            En même temps que se joue à la Madeleine une pièce plus personnelle de Ionesco, le Lucernaire propose un de ses classiques, joué depuis 1951. Pour un texte qui a maintenant l'âge de la retraite, son absurdité n' a pas pris une ride.


 

 

Les mots sont particulièrement grinçants. Un professeur va transmettre son savoir lors d’un cours particulier. Mais son élève n’est peut être pas aussi douée qu’il l’aurait voulu et devant son incompréhension, sa cruauté grandit. A moins que l’homme soit si dérangé qu’il complique les choses pour noyer son élève, la rendre docile, prête à tout. Une séance de torture morale ? Nous n’en sommes pas loin.

 

 

 

 Dans cette mise en scène, la bonne ressemble à un bourreau, guettant sa proie, fatalement. « L'arithmétique mène à la philologie, la philologie mène au crime. »dira-t-elle


 

La leçon sera donnée sur une table, préparée avec minutie par la complice du professeur. Ce meuble n’est pas commun. Il servira à part entière à créer une atmosphère morbide, un drame inévitable.


 

Dans cette histoire de soumission, d’une science écrasant la candeur, la jeunesse et les illusions, la mise en scène de Samuel Sené  excelle.

Tous les objets présents sur scène ont un rôle autant que les trois comédiens. L’ampoule d'un plafonnier     bascule, ondule sur elle-même comme acolyte d’un viol. L’armoire en s’ouvrant glace le sang et le spectateur restera bouche bée avant de sourire de l’ingéniosité de cette représentation.

Les gestes de la bonne renforcent notre malaise. Elle touche un mobile suspendu avant chaque nouvelle élève. La bille tourne sur elle-même, avant de s’arrêter, indubitablement. Le message est passé.


Encore une fois, le Lucernaire propose une pièce, novatrice ici par sa mise en scène, moins conformiste que celle donnée par le Théâtre de la Huchette, et de qualité,  grâce au jeu sans faute des comédiens.

 

 Samuel Sené aurait- il une pièce de théâtre à nous conseiller ?

 

 

M.D

 

 


Infos pratiques :

 

THEATRE LUCERNAIRE
53, RUE NOTRE DAME DES CHAMPS
75006 PARIS

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