Jeudi 3 juillet 2008

Les vacances de Josepha

 

  

 









De Dany Laurent

 

Mise en scène Yves Pignot

Avec Danièle Evenou, Jean-Baptiste Martin et Julia Duchaussoy

 Interview de danielle Evenou:

 


 

 

Une histoire de famille

 

Valentin, un homme d’affaire très séduisant et sa femme, Caroline décident de s’attacher les services d’une gouvernante. Ils engagent alors Josepha, une quinquagénaire un brin envahissante ayant tendance de se mêler de ce qui ne la regarde pas. En effet, le couple est au bord de la rupture à cause des aventures extra conjugales de Valentin et des mauvaises influences qu’il subit dans son travaille (malversation, peau de vin). Mais Josepha a des raisons de s’intéresser à ce couple : notre homme d’affaire est, en fait, son fils. Ce dernier ignore tout. Va-t-elle lui révéler ? Tel est l’enfeu de la pièce.


Malgré l’inépuisable énergie de Daniel Evenou, ce spectacle est relativement décevant. La pièce de Dany Laurent, l’auteur de Comme en 14 (3 Molières en 2004 et déjà mise en scène par Yves Pignot ) ou d’Avis de tempête, manque d’originalité, tout y est attendu. Notons cependant que le style de l’auteur reste toutefois efficace et que les bonnes répliques fussent mais la trame semble cousu d’avance. En ce qui concerne le jeu d’acteur, l’inoubliable interprète de marie-pervenche semble jouer en mode automatique : son interprétation manque de spontanéité.

Par contre, Jean-Baptiste Martin joue, avec justesse, un rôle qui semble avoir été écrit sur mesure.

Et jouer avec sa mère?Difficile?
Interview:



Julie Duchaussoy est aussi très bonne dans son personnage de femme au bord de la crise de nerf même si son rôle ne lui permet pas d’exprimer tout son potentiel.
Pas trop dur de jouer entre le fils et la mère?
Interview:


Le tout donne une pièce sans trop d’originalité mais qui reste toutefois divertissante pour les adeptes de ce genre de spectacle. Il faut quand même saluer la concentration des acteurs qui restent dans leur personnage malgré les commentaires peu discrets d’un public qui semble avoir oublier qu’au théâtre, contrairement au cinéma,  les comédiens sont vraiment présents.

Etienne.

 

 

Théâtre rive gauche

6, rue de la Gaîté

75014 Paris

location : 01 43 35 32 31

A partir du 9 mai

Du mardi au samedi 20h et dimanche 15h

 

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Mercredi 25 juin 2008

Les Parisiennes de Kiraz

 

Du 14 mai au 21 septembre 2008
      






Interview de Sophie Boulé, commissaire de l'exposition:


 


 

Une exposition pour l’été : fraîche et légère

 

Les Parisiennes sont ces créatures dingues de mode, fines à souhait, obnubilées par l’argent, les sorties et les hommes. Frivoles et désinvoltes, elles habitent la capitale. Leurs silhouettes sensuelles et sophistiquées se croisent au restaurant, sur les plages propres du sud de la France. Elles s’entourent de riches patrons, d’hommes dociles ou d’artistes tant que ceux-ci les mettent en valeur. On les rencontre au café, discutant sans fin avec leur voisine, une tasse de café à la main. Ce sont elles encore qui s’affichent sur les campagnes de publicité Perrier en 1962, Canderel de 1995 à 2003, elles encore qui épousent la marque scandale pendant 1 an ou  les stylos parker en 1978.
 

Son créateur ? Kiraz, egyptien, qui découvre, fasciné, à l’âge de 23 ans notre capitale et ses femmes, créatures dont il ne se passera plus. Ce sont elles qui lui inspirent bien sûr ces brindilles superflues et parfois cruelles. Très rapidement les demoiselles s’imposent dans « samedi soir », fameux quotidien. Marcel Dassault tombe sous leur charme. A 36 ans, Kiraz obtient une double page dans jour de France. La collaboration durera 28 ans. 5 ans plus tard, les volubiles connaîtront leurs premières robes en couleur, c’est la fin de la grise mine pour elles.

En 1970, elles se feront plus coquines en posant pour Playboy. La contribution dure toujours.

Et puis Gala de 1995 à 2000. La presse les adule. Consécration. Les galeries Lafayette les réclame, Paris bien sûr mais aussi Berlin.
 

Le musée Carnavalet était le lieu adéquat pour accueillir nos rêveuses.  Au coeur même du Paris mode, Paris historique et classe, l’exposition s’articule autour de quatre thèmes : la presse bien sûr, puis la publicité, la mode ensuite (on remarquera la poupée collector créée pour trois ans seulement en 1966 ou le livre publié chez Assouline en 1994 : «  Les parisiennes se marient », commenté par celle qui incarne au mieux la Parisienne, Carla Bruni uniquement mannequin à cette époque..) et les  Parisiennes en peinture.

La dernière salle comprend aussi quelques dessins réalisés pour Play-Boy.

Évidemment c’est une exposition acidulée. On sourit souvent devant les anecdotes de ces jeunes filles à papa, pas toujours très futées mais vénales à souhait.


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Est ce que ces parisiennes représentent vraiment la femme?



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Le film-interview en fin d’exposition permet de cibler un peu plus encore l’art de Kiraz.

Enfin, l’accueil du musée est vraiment agréable. On nous indique sans bousculade où se diriger, et toutes nos informations trouvent réponse. Sans parler de la gentillesse des commissaires.

Idéal pour commencer l’été.

Marie

 

 Infos pratiques:

Musée carnavalet 
23, rue de Sévigné - 75003 Paris
Tél. : 01 44 59 58 58 
Fax : 01 44 59 58 10

Ouvert tous les jours, de 10 h à 18 h, sauf les lundis et jours fériés 
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Mercredi 25 juin 2008

Annie Leibovitz, A Photographer’s Life, 1990-2005

Maison Européenne de la Photographie

 

  

 

18 juin – 14 septembre 2008


 



Annie Leibovitz, l’art du portrait
       

 

La maison européenne de la photographie présente, pour la première fois en Europe, près de 200 clichés d’Annie Leibovitz, réalisés entre 1990 et 2005.

Sa collaboration pour les magazines américains Vanity Fair, Vogue et Rolling Stone fait d’elle une photographe contemporaine incontournable. On se souvient notamment de la photo de John Lennon, nu, embrassant Yoko Ono, qu’elle a réalisée quelques heures avant son assassinat en 1980.

L’exposition rassemble une diversité étonnante de portraits de grands de ce monde,  sublimés par l’objectif de l’artiste : Nicole Kidman, Jim Carrey, George W. Bush, Brad Pitt, Scarlett Johansson, Jamie Foxx, le danseur Mikhaïl Barychnikov, qu'elle photographie sur une plage en Floride, la reine d’Angleterre immortalisée l’an dernier ou encore Bill Clinton ou Barack Obama.
  

Sans aucune transition, les clichés de stars côtoient des images plus intimes de l’artiste : sa grossesse, la naissance de ses trois filles, ses amis, sa famille. On y découvre également des photographies émouvantes de sa dernière compagne, la philosophe Susan Sontag, décédée des suites d’un cancer en 2004.

 

Annie Leibovitz nous fait partager sa vie de photographe, mélange de prise de vues personnelles et de commandes de photographies.  Une balade entre rêve et réalité où

les portraits travaillés des célébrités se mêlent aux images, en noir et blanc du quotidien de l’artiste. Au cœur de l’exposition, on retrouve une sensibilité, une émotion communes à tous les tirages de la géniale portraitiste.  

 « Je n’ai pas deux vies distinctes, dit l’artiste. J’ai une vie, et les photos personnelles en font partie au même titre que les œuvres de commande. »

 

Un livre publié par les éditions de La Martinière. accompagne cette exposition.

Après Paris, l'exposition sera présentée à la National Portrait Gallery de Londres.

Tifenn Castrec 

 

 

 

Informations Pratiques :

Maison Européenne de la Photographie

5/7 rue de Fourcy

75004 Paris

Métro : Pont-Marie ou Saint-Paul

 

Ouvert du mercredi au dimanche de 11h00 à 19h45

Plein tarif : 6 euros

Tarif réduit : 3 euros

Gratuit le mercredi à partir de 17h

 

 

 

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Mercredi 25 juin 2008

DES POUPEES ET DES ANGES 

 

Un film de Nora Hamdi

 



Sortie le 25 juin 2008

 

Avec : Leïla bekhti, Karina testa, Samy Nacéri, Samuel Le Bihan, Fejria Deliba

 


DES CLICHES, RIEN NE CHANGE

 

Si vous souhaitez passer un moment drôle et exaspérant à la fois, courez voir « Des poupées et des anges ».

La réalisatrice, Nora Hamdi, a commencé par écrire un roman, publié aux éditions du Diable vauvert, avant de passer le cap fatidique de la réalisation cinématographique. Et elle n’aurait peut-être pas dû tenter le Diable.
 

Pour ne pas avoir lu le roman, je me garderai bien de juger ce qui a inspiré le film. Le scénario du film correspond tout à fait à cette nouvelle littérature qui s’attache à décrire la vie des banlieues françaises à travers les yeux de petites héroïnes aussi courageuses que dévouées à leurs familles. Des filles qui aiment la tradition mais qui la remettent en cause à la fois. Cette nouvelle littérature met toujours en scène le même genre de familles : des pères violents, des hommes globalement agressifs, opposés à des épouses soumises tenant leurs familles à bout de bras, et réalisant à travers leurs filles indépendantes une émancipation qu’elles n’atteindront jamais. Au niveau technique, une narration toujours saccadée, des mots simples, un style émaillé de néologismes que les non initiés ne peuvent pas toujours comprendre.

Le film reflète tout à fait ce nouveau genre de roman car les dialogues sont souvent directement tirés du livre. La réalisatrice a parfois du mal à trancher entre la réplique de film et le monologue littéraire, ce qui donne lieu à des plans étranges où la narratrice déclame des pans de roman pendant que la caméra filme la cité et ses habitants. Une des héroïne du film slam sur les textes du livre. Un décalage parfois malhabile…
 

Mais encore, pour un premier film, ce genre d’erreur n’est pas totalement rédhibitoire. Ce qui dérange beaucoup plus dans ce long-métrage, ce sont les clichés qui sont délayés encore et encore tout au long du film. La bande-annonce, bien au contraire, promettait un scénario novateur et potentiellement intéressant. Deux sœurs d’origine kabyle, Lya (Leïla Bekhti) et Chirine (Karina Testa) vivent dans une cité banale de la région parisienne. Le père (Sami Naceri) bat ses filles et son épouse sans vergogne (au début du film, une scène particulièrement brutale tourne au ridicule). Il ne supporte pas que son aînée soit devenue une femme fatale qui joue de ses atouts pour devenir mannequin, et que sa seconde soit au contraire un garçon manqué passionnée de taekwondo. L’épouse (Ferjria Deliba), dépourvue de nom (appelée « la mère » dans la fiche film) se tait et reçoit les coups tandis que la benjamine agace par sa fausse candeur. Une fois le tableau brossé, les choses se corsent. Chirine se fait recruter par un agent véreux (Gianni Giardinelli, sans doute ancien candidat de télé réalité sur le cable, pas une once de crédibilité) qui la fait sombrer dans la prostitution.

Lya étouffe et purge son âme en écrivant de la prose sur le toit de son immeuble. Le père perd sa motricité à cause d’un accident (bien fait, les femmes vont pouvoir se venger… elles n’en feront rien) et reste borné pendant que ses filles se détruisent.

Sur le papier, ça paraît intéressant. Sauf, que ce qui voudrait être une critique socio-politico-scénaristico-cinématographique, n’est qu’une suite de stéréotypes enchaînés les uns aux autres et les uns derrière les autres.

Alors effectivement, la réalisatrice dénonce le fait que la vie en banlieue n’est pas facile. Oui, elle a raison, mais non à l’éternel cliché des méchants-blancs-riches qui règnent sur Paris et qui n’interpellent les jolies Kabyles que pour leur dire qu’ils aiment le couscous (ce à quoi l’ingénieuse Chirine répond par : « Moi quand je rencontre un « Français », je ne lui dis pas : Jean-Pierre, j’adore le camembert. » Lumineuse réflexion.)
  

Non, à Samuel Le Bihan, en publicitaire plein aux as, prêt à marier Cendrillon-Chirine parce que sa beauté « exotique » le change des blondes sur papier glacé.

Non au jeu incompréhensible, voire détestable de Sami Naceri. Deux options possibles : il a un problème d’élocution ou bien il  fait exprès.

Non aux fausses scènes trash, de nudité, de sexe, de coups. Gênant, incohérent. On pourra citer un autre morceau de choix : la pauvre Chirine (qui n’avait pourtant rien demandé) se retrouve dans une orgie organisée par son agent-mac. Ne sont présents que de méchants-gros-riches-blancs qui écoutent de la « flûte médiévale » (textuellement dans le film) et vendent des antiquités. Bien sûr, ils tentent de violer Chirine, qui comprend alors qu’elle doit arrêter de vendre ses charmes pour réussir. Il faut bien prendre conscience des choses un jour.

Et enfin, non au happy end grisailleux où le gentil Phoebus- Samuel Le Bihan prend pour épouse son Esmeralda-Chirine en apportant au repas familial un joli gâteau Fauchon pour dédommager le papa de la perte de son aînée.

Le ridicule ne tue pas, mais presque.
 

Mais heureusement, la petite dernière nous promet à la fin, sur les genoux de papa, qu’elle deviendra architecte, pour sauver l’honneur.

 

Pourrons-nous un jour parler de la banlieue et de ses femmes sans tomber dans la caricature ? Loin des poupées, des anges, des démons et des clichés.

 

Lise B.

 

 

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Samedi 21 juin 2008

Théâtre du Vieux-Colombier

Yerma


Du 20 mai au 29 juin

De Frederico Garcia Lorca

Mise en scène : Vicente Pradal

 

 


Ce soir, je me dirige dans le somptueux théâtre du Vieux –Colombier pour aller voir le deuxième volet de la trilogie rural de Lorca, Yerma. Le rideau s’ouvre sur des planches sombres. Une petite lumière éclaire Rafael Pradal, qui entame sur son clavier, une musique andalouse pleine de traditions, de croyances. Les voix d’Alberto Garcia et de Paloma Pradal l’accompagnent majestueusement et rajoutent à cette force.

Il en faut car le thème est dur. Une femme ne réussit pas à obtenir l’enfant dû. De sa volonté dépend son existence. Son utilité est liée à cette création. Alors quand le temps donne aux femmes des courbes arrondies, coule dans les veines de Yerma, la démesure violente  d’un désir vital.


Pourquoi ? Pourquoi Dieu ne lui donne pas à elle aussi un but ? Pour la vieille du village, il n’y a pas de Dieu.

Il est assez incroyable de constater l’actualité de cette pièce et son côté révolutionnaire. Trois actes et six tableaux pour des messages forts. La femme doit être vouée à son mari. C’est une femelle dont l’instinct principal et unique est d’assurer son foyer. La religion n’est qu’un leurre créé par les hommes. Et puis les non dit, pesant, envahissants. Quand la femme s’éclipse du foyer, le mari est inquiet. Sa place est à la maison. Que diraient les voisins de sa conduite ?

Le flamenco final , archétype du mâle et de la femelle, tellement sexué, comme un rituel, pourrait nous faire croire à tout. Yerma va partir, réussir à se libérer de cette tragédie. Elle sera enceinte, finalement. En réalité sa vie n’est plus qu’agression et incompréhension. Le drame n’est pas loin. Coraly Zahonero stupéfie. Entre grâce, beauté, force, elle est simplement parfaite. Yerma, c’est elle, magnifiquement.
 

Ne souhaitant pas tomber dans la mièvrerie d’un vocabulaire positivement restreint, je terminerai là cette chronique et ne peut que vous inviter à voir le destin d’une femme forte.

Marie

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Samedi 21 juin 2008

Pinacothèque de Paris
Les soldats de l’éternité

 


Du 15 avril au 14 septembre 2008

Interview de M. Marc Restellini, Directeur du musée

 


 

 

La plus grande découverte du XX ème siècle se repose à Paris

 

L’empereur Qin (prononcez tzin) n’a pas gouverné très longtemps : 11 ans. Pourtant il marqua à jamais les esprits : inventeur de la muraille de Chine, d’une unité culturelle, militaire, politique, il établit le chinois comme langue officielle et créa la législation chinoise.

« C’est un peu l’équivalent de César ou de Napoléon » compare M. Restellini.

Quoiqu’il en soit, l’homme comme la plupart des êtres, a peur de la mort. Il ne veut pas partir et encore moins seul. N’ayant trouvé de potions miracles et sentant son heure approcher, il décide alors de se construire un tombeau idéal, une ville souterraine dans laquelle il continuerait à régner en esprit. Il choisit la montagne Li. 700 000 travailleurs furent ainsi mis en demeure de lui construire son dû. On y transporta des bijoux, objets rares, arbalètes et flèches automatiques comme protection contre l’ennemi.


Il mourut tranquillement et rejoignit son paradis secret. Beaucoup plus tard, en 1974, deux paysans remplissaient leur contrat de travail en creusant un puits et tombèrent sur le tombeau sacré. On alerta les autorités et son sanctuaire fut découvert : des chars, 8000 cavaliers et  chevaux en grandeur nature, l’image devait être saisissante.




Impossible en revanche d’ouvrir le tombeau lui-même, d’abord parce que les autorités s’y opposent ensuite  l’ouvrir signifie savoir conserver la trouvaille, ce qui ne serait le cas. Sur les photographies prises les jours suivants,on s’aperçoit que les soldats étaient colorés.

 Ils ont  perdu leurs pigments en quelques minutes. Impossible donc de prendre un tel risque pour des corps qui pourraient redevenir poussière instantanément.

 Enfin, cette nécropole est piégée ! Des lacs de mercure peuvent se déverser sur la tombe si on tente de l’ouvrir, sans compter les autres pièges soupçonnés.


Pourquoi le tombeau n'est il pas ouvert?
Interview de M. Marc Restellini, Directeur du musée




Il faudra donc pour l’instant se contenter d’admirer ce qui a été trouvé. La pinacothèque nous facilite la tache trois mois encore, puisqu’elle a fait venir une partie du trésor entre ses murs. La lumière met particulièrement en valeur les œuvres et recrée une atmosphère indescriptible par les mots mais incroyable pour les yeux.

Pendant que les archéologues continuent leur fouilles et s’attendent à des surprises de tailles, une fosse de fragments de pierre a été découverte avec des acrobates, un jardin du palais royal aux sculptures d’oiseaux aquatiques en bronze, cachés depuis ces siècles dans le tumulus .

L’histoire est en cours…

Marie

 

 

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Samedi 21 juin 2008

Gustav Klimt Painting, Design and Modern Life in Vienna 1900

Liverpool



30 mai-31 août 2008



« Notre art n’est pas un combat des artistes modernes contre les anciens mais la promotion des arts contre les colporteurs qui se font passer pour des artistes et qui ont un intérêt commercial à ne pas laisser l’art s’épanouir. Il ne s’agit pas d’un débat esthétique mais d’une confrontation entre deux états d’esprit. » écrivait le critique Hermann Bahr .


 



Liverpool a choisi Klimt, fondateur principal du mouvement artistique de la  sécession viennoise, pour une  exposition phare. Après avoir longé les fameux Docks , traversé le pont et rêvé un instant de partir sur un de ces bateaux amarrés, on se glisse entre les portes coulissantes de la Tate. Le baiser de Rodin nous accueille, sous verre mais imposant.










La visite commence (étrangement) par la fresque Beethoven créée en 1902 et reconstituée pour l’occasion. Je l’aurais vu plutôt en fin d’exposition, joyau  révélé trop vite.










Il faut ensuite prendre un ascenseur pour continuer le parcours. L’attente est récompensée par La vérité nue, qui s’offre à nos yeux, incomparable. Et que dire du Bébé, peinture angoissante d’un nouveau né emmitouflé sous des toges luxuriantes que l’on admirera un peu plus loin


 ou encore des trois âges de la femme,  tableau entre douceur et cruauté?  26 peintures et 30 dessins s’accrochent, mélangés aux objets .On pourrait avoir peur d’une mauvaise coordination,mais aucunement. 



 
Cette chaise de Joseph Hoffman créée en 1908, aux formes sombres, arrondies trouve naturellement sa place ici, de même que ce vase recouvert de fer.






Leur promiscuité fait comprendre comment le mouvement a dû révolutionner la  vision artistique de l’époque, traditionnelle. Klimt et ses acolytes mélangent peintures et reliefs,  bois et métal, jouent sur les formes, les aspects, les codes architecturaux habituels.

Une vision plus globale, plus complète des années 1900 s’exprime alors.

 

 
La dernière salle expose une peinture de Schiele, superbe, en hommage à son maître mais malheureusement extrêmement mal éclairée. Les ermites perdent alors de leur splendeur dans un reflet malvenu.

Enfin, des peintures érotiques terminent la visite, cachée dans une plus petite salle que judith II garde précieusement.

Sensuelles, on serait presque jalouse de ces créatures aux formes voluptueuses offertes dans des canapés molletonnés. Crues peut être mais jamais vulgaires. Je me surprends même à y trouver une certaine grâce.


Une déception toutefois. Je m’attendais à plus de toiles, je pensais retrouver le Baiser, l’arbre de vie aussi. Enfin, l’éclairage de certains tableaux ne permettent pas de restituer tout leur sacré. Et que de monde !

Mais l’exposition est unique et on ne peut être les seuls à le savoir..

Infos pratiques :

Tate Liverpool
Albert Dock
5£ à 4£.
+44(0) 151 702 7400

 

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Samedi 21 juin 2008

Un pedigree

Théâtre de l’atelier



Du 23 avril au 28 juin 2008

 

 


Edouard Baer lit Patrick Modiano

 

Deux choses me poussaient à venir voir cette pièce. Le lieu d’abord. J’aime particulièrement ce petit théâtre parisien vieux de 86 ans, sans prétention mais confortable. Et puis il y avait bien sûr, la présence d’Edouard Baer. L’écriture de Patrick Modiano m’aurait elle aussi influencée ? Pour être tout à fait honnête, mon sentiment à son sujet est assez partagé. J’aime ses oeuvres,mais  pas toutes. Un pedigree me plaît, j’ai toujours apprécié les phrases courtes et les sujets flous, chemins brumeux d’une enfance renversée. Mais il faut ensuite savoir livrer cette émotion. Evidemment, Edouard Baer joue bien. Il est certain qu’il aime le livre. La mise en scène très simple, ce bureau et ces feuilles lues apportent rapidement au spectateur son lot d’images.



Elles coulent tranquillement pendant la représentation, comme une série proposée après le J.T. La voix raconte un livret de famille, s’interroge sur  21 premières années d’existence : un père peu présent, une mère dure et toujours  quémandant de l’argent, la mort d’un frère sans aucune explication claire..

Cependant il doit être difficile de se débarrasser d’une image de dandy .Les consommateurs aux idées reçues croient le connaître alors qu’il a déjà prouvé l’étendue de son talent et sa capacité à incarner des personnages très différents. L’acteur ouvre la bouche, la phrase ne devrait donner lieu  au moindre rictus, pourtant certains s’exclament , par  automatisme : « Je ris car c’est lui, il est drôle. »

Mise à part ces fâcheux moustiques sonores, la pièce s’écoute, s’enregistre doucement dans notre mémoire.

Agréable, travaillée, plaisante.

Marie

 

 

Infos pratique :

Théâtre de l’atelier
1 place Charles Dullin
75018 Paris.
Contact et réservations  01 46 06 49 24.

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Samedi 21 juin 2008

     Théâtre des Mathurins    
TONTON LÉON STORY

 

 



Interview Du metteur en scène Daniel Colas


 

 

 Écrit par Serge SEROUT

Mise en scène de Daniel COLAS

Avec Cécilia CARA et Didier BRICE


 AMÉLIE AUX PAYS DES POUPÉES

 

Le décor aurait pu être dans l’attraction « Peter Pan » ou « maison des poupées » du parc Disneyland.  En grande fan de Mickey, je m’y sens tout de suite à l’aise.

Tonton Léon arrive, personnage cocasse, tout à fait à sa place dans ce cadre de conte pour enfant, un Gepetto (père de Pinocchio) en chair et en os. 

Et puis Amélie, fait son apparition, petite fille qui voudrait être une poupée, selon elle tout serait alors plus simple, elle n’aurait plus à se poser de question. Mais son tonton n’est évidemment pas d’accord, d’ailleurs il est tard, il est fatigué, et il faut aller se coucher. Cette fois c’est la petite Amélie qui n’est pas d’accord, elle insiste, et Tonton Léon doit donc se résoudre à lui raconter un conte à dormir debout, un conte dans un conte en somme…

 

Mais cette histoire, apparemment légère, s’assombrit peu à peu au fil de la pièce, la complexité des personnages se dévoilent, les rôles s’échangent, et la discussion dévie sur les obscures passions humaines, l’alcool, le questionnement sur l’absurdité du monde… Jusqu’à la scène de fin, très surprenante par rapport au ton de la pièce et qui reste libre d’interprétation quant au discours et aux symboles, peut-être est-ce la morale ? 

 

Aucune fausse note aussi bien du côté des chansons, que dans leur jeu. Les comédiens sont impeccables, Cécilia Cara, parfaite en petite fille quelque peu agaçante, avec ses questions embarrassantes et sa voix de crécelle, et Didier Brice en tonton burlesque ayant un faible pour la boisson.

Le metteur en scène, Daniel Colas, aurait eu tort de s’en priver, Cécilia pousse donc la chansonnette pendant la pièce, sa voix est tout à fait agréable et donne un gros plus à la mise en scène, on peut citer par exemple son interprétation de l’Ave Maria de Gounod. A voir et à écouter !

 

Sophie DANGRÉAU

 

Infos pratiques :

Théâtre des Mathurins

36, rue des Mathurins

75 008 PARIS

www.theatremm.com

                    
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Vendredi 20 juin 2008

 

Prix sacem France Musique 2008



Et le gagnant est...GABRIEL YARED

 





Mon vœu a été exaucé. Même si le choix n’a pas dû être facile cette année, le prix SACEM / France Musique 2008 a finalement été décerné à Gabriel Yared, compositeur d’origine libanaise, pour le film Par Effraction d’Anthony Minghella (2007), réalisateur décédé récemment.

 

 

 

 

 

Dès l’enfance, Gabriel, fasciné par la musique, est un fabuleux autodidacte qui consacre tout son temps libre a cette passion. Après des études de droit, il arrête tout pour se consacrer entièrement à la composition.

Gabriel Yared est loin d’être un débutant en ce qui concerne les bandes originales de films, en effet, il a composé plus de 70 musiques de films dont notamment Camille Claudel, 37,2 Le Matin, Sauve Qui Peut La Vie, Le Talentueux Monsieur Ripley, l’Amant, Retour A Cold Mountain, Bon Voyage, La Vie Des Autres

Touche à tout, il a composé pour des grands noms de la chanson française comme Charles Aznavour, Johnny Hallyday, Gilbert Bécaud, ou Françoise Hardy et il a également écrit pour des ballets : Clavigo et Le Diable Amoureux (de Roland Petit), Sham Rock et Vu d’Ici (de Carolyn Carlson).

 

Gabriel Yared n’en est pas à sa première récompense pour son travail de compositeur puisque, par exemple en 1997 il avait déjà reçu un Oscar, un Golden Globe et un Grammy Award pour la musique du Patient Anglais (du réalisateur Anthony Minghella, encore)…

Sophie dangréau

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